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Série : Vivre avec sa calvitie [2/3] - Perdre ses cheveux est une expérience commune à de nombreux hommes. Pourtant, la calvitie reste souvent associée à des complexes. Quand Hervé a commencé à perdre ses cheveux, à 25 ans, il a vite décidé de tout couper.
Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:30 | mis à jour aujourd'hui à 07:34 - Temps de lecture :
Dans toute sa vingtaine, Hervé a porté des cheveux longs et bouclés. Ses cheveux font partie de sa personnalité et de son look. Lorsque l’on a 25 ans, c’est important. « Je suis motard, à l’époque j’avais un look un peu “baba cool” et puis j’aimais le contact des cheveux sur les épaules, dans le cou », se rappelle-t-il. C’est aussi à cette période qu’il commence à perdre ses cheveux. « Mon crâne a commencé à se dégarnir de chaque côté du front et sur l’arrière du crâne, au niveau de la tonsure », détaille le Lyonnais, aujourd’hui sexagénaire. Pour ralentir cette chute, et même espérer voir repousser ses cheveux, il se tourne vers le minoxidil, un traitement par piqûres censé ralentir la chute des cheveux, qu’il abandonne finalement au bout d’un an et demi. « Il y avait plus d’inconvénients que d’avantages, j’avais notamment le crâne très gras, et surtout, je ne voyais pas vraiment d’effets sur la chute ou la repousse de mes cheveux », explique-t-il.
Alors, à l’arrivée de sa trentaine, Hervé décide de dire adieu à ses cheveux. « J’ai acheté une tondeuse et j’ai commencé à me couper les cheveux moi-même, en laissant environ deux à trois centimètres. Mais comme j’avais les cheveux frisés et la tonsure du crâne qui se dégageait de plus en plus, ce n’était pas très esthétique. J’avais la même tête que le chanteur Art Garfunkel ! », plaisante-t-il. Il se met donc à raser de plus en plus court, en laissant environ cinq millimètres de cheveux. « Il y a aussi des avantages, on fait des économies en coiffeur et en shampoing. Et puis c’est plus pratique pour enfiler le casque de moto ! »
À l’époque, les greffes de cheveux n’étaient pas aussi développées qu’aujourd’hui. « On parlait un peu de greffons, mais c’était beaucoup trop cher pour moi et, souvent, on pouvait voir des résultats qui n’étaient pas très naturels. Ça ne m’a jamais effleuré l’esprit », assure-t-il, même s’il comprend les hommes qui passent le cap. « C’est aussi parfois parce qu’on se sent mal dans sa peau. »
Aucun regret
À la cinquantaine, Hervé traverse une période très compliquée après des drames familiaux. C’est un déclic : « J’ai décidé de me raser complètement le crâne. C’était peut-être pour moi une façon de mettre le passé derrière moi, de repartir pour une nouvelle vie, de me libérer de quelque chose qui était trop pesant », souligne le Lyonnais. Désormais, son rituel : un coup de lame de rasoir chaque matin. « C’est simple, rapide et je trouve que c’est plus esthétique que de conserver une couronne autour de la tête. » Seul inconvénient : la transpiration en été !
Ses cheveux courts, Hervé les accepte très bien. « Ça n’a pas été un complexe. J’ai mieux accepté mes cheveux rasés que lorsque j’avais les cheveux longs et que je commençais à me dégarnir. Ça me complexait et j’essayais de camoufler les pertes en mettant mes cheveux sur le côté ou en arrière pour cacher un peu le début de calvitie au niveau du sommet du crâne », se remémore-t-il. Et même s’il pouvait faire une greffe de cheveux aujourd’hui, il ne sauterait pas le pas. « Ça reste une opération chirurgicale lourde, qui peut être ratée, et puis c’est onéreux. » Il n’a aujourd’hui aucun regret. Et comme un clin d’œil au passé, il rêve parfois de ses longs cheveux : « Un peu comme quelqu’un qui ressent encore un membre alors qu’il est amputé, je ressens dans les rêves la sensation de mes cheveux longs dans mon cou et mes épaules, ça me procure un petit moment de bonheur… »


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