Série : Ils ont décidé d’arrêter de chercher l’amour [4/4] - La peur de se retrouver seule a longtemps poussé Véronique, 57 ans, à aimer de la mauvaise manière. Elle raconte.

Ysé Rieffel - Hier à 07:15 - Temps de lecture :

Comme Véronique, 25 % des femmes de 55 à 64 ans vivaient seules en 2023, selon l’Insee.  Photo d’illustration Canva Comme Véronique, 25 % des femmes de 55 à 64 ans vivaient seules en 2023, selon l’Insee. Photo d’illustration Canva

Véronique, 57 ans, a longtemps eu peur d’être seule. Après la mort de son ex-mari en 2009, l’Alsacienne s’est inscrite sur des sites de rencontres pour tenter de retrouver l’amour. Elle rencontre alors un homme et découvre un an plus tard son infidélité sur son téléphone portable. Six ans plus tard, une amie lui présente celui qu’elle pense alors être « le prince charmant ». « Il m’a détruite psychologiquement. J’étais la plus nulle, une conne… », se souvient l’enseignante. Elle reconnaît avoir repéré plusieurs « red flags ». Même sa fille avait tenté de la mettre en garde : « Mais attends maman, il n’est pas fait pour toi », lui disait-elle. Mais Véronique s’accroche : « J’ai voulu insister parce que j’avais peur d’être seule avant tout. » Ils resteront ensemble sept ans, jusqu’à ce qu’il la quitte pour une jeune femme de 18 ans.

Après cette dernière rupture, elle a décidé de tirer un trait sur les hommes. « Je ne voulais plus en entendre parler. Pour moi, c’était tous des cons, j’en avais marre », pense-t-elle alors. Progressivement, la colère laisse place à autre chose : l’envie de « se recentrer sur soi ». Et surtout, Véronique apprend à apprivoiser une solitude qu’elle avait longtemps redoutée. Comme elle, 25 % des femmes de 55 à 64 ans vivaient seules en 2023, selon l’Insee.

Quatre ans plus tard, cette peur a bel et bien disparu. Elle va au restaurant, sort, fait des activités sans attendre que quelqu’un l’accompagne. « C’est quelque chose que je n’aurais jamais envisagé auparavant », souligne la quinquagénaire, qui y prend désormais un vrai plaisir. « Quand on s’assoit seule sur une terrasse, on discute avec beaucoup plus de monde que quand on est à deux », souligne-t-elle.

Hypnose, thérapie transgénérationnelle, suivi psychologique… Pour comprendre son rapport à l’amour, Véronique a aussi entrepris un long travail sur elle-même. Avec le recul, elle comprend que ses relations amoureuses étaient en partie influencées par le modèle familial dans lequel elle avait grandi. « Aimer, ce n’est pas du tout ce que je croyais. »

Nouvelle définition de l’amour

Son père était « très dirigiste » avec sa mère. Véronique avait intégré l’idée qu’il fallait, en quelque sorte, « obéir ». Elle reconnaît aussi avoir longtemps été dans une forme de « dépendance affective » à accepter « quasiment l’inacceptable » pour conserver « l’amour » de l’autre. L’Alsacienne a désormais une nouvelle définition du verbe aimer. Elle ne veut plus de quelqu’un dont elle aurait « besoin », et s’est affranchie du « rapport de force » qu’elle percevait auparavant entre les hommes et les femmes. « J’aime bien l’idée de “compagnon de vie”. C’est cheminer ensemble. Et pas forcément vivre ensemble, ou être tout le temps ensemble », précise-t-elle.

Après avoir longtemps fait passer sa relation avant elle-même, Véronique a désormais une règle : « Il faut être fidèle à soi avant tout. » Et d’ajouter : « Je serai heureuse seule, je serai heureuse accompagnée. » Et si un « prince un peu charmant » croise finalement son chemin ? Eh bien, ce sera « un plus », la fameuse « cerise sur le gâteau ».

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