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Le Comité européen de la protection des données réclame des signaux visibles lors des enregistrements. Un avis rendu en pleine fronde contre ces appareils.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 18:32 | mis à jour aujourd'hui à 18:47 - Temps de lecture :
Les lunettes connectées devraient clairement signaler quand elles filment, prennent des photos ou enregistrent du son. C'est ce qu'a réclamé mardi le Comité européen de la protection des données (EDPB), au nom du respect de la vie privée. Dans un avis non contraignant, sa présidente Anu Talus évoque plusieurs solutions, comme des LED lumineuses, des signaux sonores, des commandes vocales, des notifications sur smartphone ou un design distinctif. « Ces avertissements doivent être fiables, difficiles à ignorer et toujours à jour », insiste-t-elle.
« Même dans l'espace public, les personnes doivent pouvoir comprendre clairement qu'elles sont filmées ou photographiées », a ajouté la responsable. Pour l'EDPB, ces appareils soulèvent d'importantes questions de protection des données et de libertés fondamentales, puisque des personnes peuvent être enregistrées à leur insu. Le régulateur pointe des risques accrus dans les hôpitaux, les écoles ou sur le lieu de travail, et s'inquiète particulièrement pour les enfants, qu'ils portent eux-mêmes ces lunettes ou qu'ils soient filmés.
Bardées de capteurs et de caméras, ces lunettes sont vues par la tech comme la prochaine révolution après les montres connectées. Photo Sipa/Romuald Meigneux
Une fronde qui gagne l'Europe
Bardées de capteurs, de caméras et de haut-parleurs, avec des verres qui font office d'écran, ces montures sont présentées depuis des années par les géants de la tech comme la prochaine révolution des objets connectés après les montres. Mais alors que leurs ventes commencent à décoller, elles suscitent un rejet croissant en Europe, avec des appels à les bannir de l'espace public, voire à en interdire la vente. Début octobre, la Norvège a ainsi annoncé vouloir interdire temporairement leur usage dans certains lieux publics, comme les parcs, les plages, les musées, les centres commerciaux, les écoles, les crèches, les établissements de santé ou les salles de sport, sans aller jusqu'à une interdiction générale.
En France, l'association e-Enfance a indiqué le mois dernier avoir reçu une vingtaine de signalements de femmes filmées sans leur consentement, le plus souvent avec des lunettes Meta. Certaines vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, déclenchant moqueries et messages haineux, et le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après avoir été saisi de plaintes. Au Royaume-Uni et en Irlande, une campagne baptisée « Stop Smart Glasses », accompagnée d'une pétition, appelle les citoyens à contacter les magasins pour qu'ils cessent de les vendre.
Meta, leader écrasant du marché
Meta, qui commercialise des modèles avec les marques Ray-Ban et Oakley, assure que ses lunettes sont équipées d'une LED qui clignote à chaque photo ou vidéo et qui ne peut pas être désactivée sans rendre la caméra inutilisable.
Le géant américain détient près de 84 % d'un marché où 8,7 millions de paires ont été vendues dans le monde en 2025, selon le cabinet Omdia, contre plus d'un milliard de smartphones. Sur fond de contestation, son patron Mark Zuckerberg a présenté fin septembre des lunettes sans caméra, pensées comme une porte d'entrée vers son intelligence artificielle Muse. Le groupe continue toutefois de vendre des modèles équipés de caméras, dont une nouvelle génération de Ray-Ban Meta.


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