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Kuala Lumpur a annoncé ce dimanche interdire Grok, l’assistant IA du réseau social X, emboîtant le pas à l’Indonésie qui avait pris la même décision samedi. En cause : l’édition d’images dénudées à caractère pornographique générées sur demande d’utilisateurs et sans le consentement des victimes.
S.T. avec AFP - Aujourd'hui à 18:30 | mis à jour aujourd'hui à 19:53 - Temps de lecture :
La polémique ne retombe pas pour le réseau social X. La Malaisie a annoncé dimanche suspendre l’accès à Grok, l’assistant à intelligence artificielle (IA) du réseau social détenu par le milliardaire américain Elon Musk. En cause : la possibilité de créer et d’éditer des images à contenu pornographique grâce à l’IA.
La Commission malaisienne des communications et du multimédia (MCMC) a indiqué ce dimanche dans un communiqué, « avoir ordonné une restriction temporaire de l’accès à l’intelligence artificielle Grok pour les utilisateurs en Malaisie », avec effet immédiat. Un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) basé en Malaisie a confirmé ne pas pouvoir accéder à cette fonctionnalité. L’autorité de régulation malaisienne a déclaré qu’elle jugeait les mesures de protection de X insuffisantes, ajoutant que l’accès ne serait rétabli qu’après vérification des modifications requises. Selon la MCMC, X Corp. « n’avait pas su répondre aux risques inhérents à la conception et au fonctionnement de l’outil d’IA », s’appuyant « principalement sur des mécanismes de signalement initiés par les utilisateurs ».
Première interdiction mondiale en Indonésie
Des décisions similaires se sont enchaînées se ce week-end. Déjà samedi, l’Indonésie avait annoncé interdire Grok sur son territoire, « afin de protéger les femmes, les enfants et le public des risques causés par les faux contenus à caractère pornographiques générés par l’intelligence artificielle ». C’est le premier cas d’interdiction dans le monde.
Plus tôt dimanche, l’Inde avait annoncé prendre des mesures à l’encontre de la plateforme également. Elle a demandé à X de retirer des milliers de contenus et supprimer des centaines de comptes accessibles dans le pays. « Environ 3 500 contenus ont été bloqués et plus de 600 comptes effacés », a précisé sous couvert d’anonymat à l’AFP une source gouvernementale indienne.
Interpellé sur X par de nombreux utilisateurs scandalisés à travers le monde, Grok a répondu vendredi que la génération et l'édition d’images étaient « actuellement réservées aux abonnés payants », en invitant à « s’abonner pour débloquer ces fonctionnalités ».
Indignation européenne
Cette désactivation limitée a suscité l’indignation du Royaume-Uni, l’un des critiques les plus virulents d’Elon Musk. Cette mesure « transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium », et constitue « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles », a dénoncé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer. À Bruxelles, la Commission européenne a « pris note des dernières modifications » mais les a jugées insuffisantes.
En France, la polémique a également suscité l’indignation de la classe politique. Roland Lescure, ministre français de l’Économie a rappelé que la France avait « saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché ».
Une enquête élargie en France
Le parquet de Paris a étendu vendredi 2 janvier une enquête ouverte depuis l’été sur le réseau social X, afin d’examiner les nouvelles accusations contre Grok de génération et diffusion de contenus pédopornographiques. Peu avant, trois ministres et deux députés avaient annoncé saisir la justice contre ces générations et ces diffusions de fausses vidéos à caractère sexuel.
Des mesures préventives du même type que celles appliquées par les pays asiatiques sont-elles à prévoir en France ? Contacté dimanche par votre journal, le ministère de l’Économie rappelle que « les internautes relayant des contenus illégaux s’exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, depuis l’entrée en application en 2024 de la loi SREN (sécuriser et réguler l’espace numérique). » Et de conclure : « L’arsenal judiciaire français et européen est donc solide et expose Grok, X et tout internaute complice de ces dérives à de lourdes sanctions. »


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