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Tandis que les frappes s’intensifient au Liban, le consensus sur la guerre commence à se fissurer en Israël

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International 27/03/2026 06:00 Actualisé le 27/03/2026 06:40

Beyrouth saisit le Conseil de sécurité de l’ONU après de nouvelles frappes israéliennes meurtrières, tandis que l’opposition en Israël alerte sur l’état de l’armée et la stratégie du gouvernement.

Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid (ici en novembre 2025) met en garde contre un « désastre sécuritaire » et pointe l’épuisement de l’armée israélienne

MOSTAFA ALKHAROUF / Anadolu via AFP

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid (ici en novembre 2025) met en garde contre un « désastre sécuritaire » et pointe l’épuisement de l’armée israélienne

La guerre se joue désormais sur deux fronts. Sur le terrain, où les frappes israéliennes s’intensifient au sud du Liban. Et en Israël même, où le consensus politique qui entourait jusque-là le conflit commence à se fissurer.

Au Liban, l’armée israélienne avance lentement dans la zone frontalière, où elle a installé une « zone de défense avancée » face au Hezbollah, allié de Téhéran. Selon les autorités libanaises, les frappes ont encore fait au moins cinq morts jeudi 26 mars, dans des localités déjà fragilisées par plusieurs semaines de combats.

Depuis le début des affrontements début mars, plus de 1 100 personnes ont été tuées et plus d’un million d’habitants contraints de fuir. Dans ce contexte, Beyrouth accuse Israël de « menacer la souveraineté » du pays et a décidé de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU.

En face, le Hezbollah revendique des attaques répétées contre les forces israéliennes, tandis que l’armée affirme avoir éliminé plusieurs centaines de ses combattants. Le front libanais s’installe, sans perspective claire d’apaisement. Et c’est précisément cette durée qui commence à peser.

Car à mesure que les opérations s’étendent de Gaza au Liban, jusqu’en Iran, la guerre change de nature pour Israël. Ce qui apparaissait comme une réponse stratégique devient un engagement prolongé, qui mobilise l’armée sur plusieurs fronts à la fois.

« Au bord d’un désastre sécuritaire »

Et si pendant les premières semaines, la classe politique israélienne a fait bloc, ce soutien se fragilise. « Je veux mettre en garde les citoyens d’Israël, nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire », a averti Yaïr Lapid, chef de l’opposition israélienne et ancien Premier Ministre, au 27e jour du conflit.

Derrière cette prise de parole alarmiste, c’est surtout une inquiétude grandissante sur les capacités de l’armée qui se dessine. Selon des propos attribués au chef d’état-major, le lieutenant général Eyal Zamir, la situation devient critique. « Tsahal est en train de se diriger vers un effondrement interne », aurait-il déclaré, estimant que « les réservistes ne tiendront pas ». Autrement dit, la guerre dure et l’armée s’épuise.

Cette pression militaire se transforme en crise politique. L’armée réclame « des forces supplémentaires » et pousse à élargir la conscription, notamment aux juifs ultraorthodoxes. Une réforme soutenue par une large partie de l’opinion, mais que Benyamin Netanyahou ne peut imposer sans prendre le risque de fragiliser sa coalition.

Ce qui se joue désormais dépasse la seule question militaire. Car en s’enlisant, le conflit met à l’épreuve les équilibres politiques du pays.

« Tsahal est poussée à bout, au-delà de ses limites », accuse Yaïr Lapid, dénonçant une stratégie sans moyens suffisants. Une critique qui n’est plus isolée. À droite aussi, les doutes s’installent. « Le gouvernement ne gagne nulle part, ni au Liban, ni à Gaza […] En Iran, nous verrons », lance Naftali Bennett, ancien Premier Ministre.

Derrière ces prises de parole, une même inquiétude émerge : la guerre s’étend, l’armée s’use, et le consensus politique, lui, commence à céder.

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