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Dans de nombreuses familles immigrantes venues d’Afrique, la question de la gestion des tâches ménagères s’invite parfois dans les discussions. Faire la vaisselle ou la cuisine, passer la serpillère sur le pavé peut parfois être difficile pour les hommes.
« J’avoue qu’il y a quelques petites discussions. On [ma femme] te rappelle à l’ordre. Un jour ça marche de soi [...] », relate Nico Kalambay, originaire de la République démocratique du Congo.
Selon lui, plusieurs hommes d’origine africaine se disent confrontés à un choc culturel lorsqu’ils arrivent dans leur nouveau pays d’accueil.

« Je viens d'un pays où les travaux ménagers sont réservés à la femme. L’homme doit aller chercher l’argent. C'est comme ça que nous avons grandi.», affirme Nico Kalambay.
Photo : Nico Kalambay
Il indique que le choc culturel est notamment dû à la culture héritée des parents. Nos parents fonctionnaient de cette façon, et on a marché sur leurs pas, dit-il.
Quand tu essaies de faire la vaisselle, papa te dit que ce n’est pas ton travail, c'est le travail de ta sœur.
On avait des personnes qui nous aidaient. Le rôle des tâches ménagères était plus supervisé par mon épouse, témoigne de son côté Hervé Kambale, résident à London. Il vit au Canada depuis 2020.
Depuis qu'il est au pays, il partage avec son épouse les tâches ménagères notamment la préparation des repas.
Rosalie Masika, l’épouse de Hervé Kambale, pense que des femmes sont elles-mêmes responsables de la conception de séparation des travaux.
C’est souvent les mamans qui disent aux garçons que leur place n’est pas à la cuisine, dit-elle. Les hommes, on leur a appris plutôt le jardinage, et les gros travaux physiques, ajoute-t-elle.
Cependant, loin de leur pays d’origine, certaines femmes immigrantes se retrouvent souvent coincées entre leur vie professionnelle et la charge mentale et physique liée aux tâches ménagères , fait remarquer Mme Masika..
Le genre de travail que tu as parfois ne te permet pas de tout combiner,[...] . Avoir sur tes épaules toutes les autres responsabilités dans le ménage, cela contribue à ta destruction.
Au Canada, le schéma culturel de la femme ménagère et de l’homme pourvoyeur peut rapidement devenir une source de conflit, explique Nathalie Mondain, spécialiste des questions migratoires et des dynamiques des familles à l’Université d’Ottawa

Selon Nathalie Mondain, une redistribution des rôles est importante pour l'équilibre du couple.
Photo : Nathalie Mondain
Si les deux personnes travaillent, c'est impossible pour l'une d'entre elles d’assurer toute la charge domestique. C'est là où les conflits peuvent potentiellement naître, souligne-t-elle.
Tout s’apprend
Pour Rosalie Masika, mère de trois garçons et d’une fille, c’est en éduquant les enfants sur les responsabilités de se partager les tâches ménagères que l’on contribue à l’harmonie aux foyers. Personne n’est venu sur terre avec un balai en main, tranche Mme Masika.

Parfois les hommes affirment que les femmes ne leur disent pas qu'elles ont besoin d'aide, affirme Rosalie Masika, qui appelle les femmes à se prononcer et à demander de l'aide à leurs maris.
Photo : PHOTO : ROSALIE MASIKA
Tu veux te faire un bon petit plat? Tu n'as pas besoin d'attendre qu'une autre personne vienne le faire pour toi. Tu dois être en mesure de te donner ce plaisir-là.
Nesrine Bouasida, originaire de la Tunisie, est du même avis. Cette mère de deux enfants affirme sa ferme volonté de ne pas reproduire les schémas du passé en confiant seulement les tâches ménagères à sa fille.
Mon fils doit tout apprendre. Il sera indépendant . Il aura une famille et doit savoir comment la gérer aussi

La nouvelle génération en Tunisie a décidé de changer ce principe culturel de laisser toute la responsabilité du ménage à la femme, affirme Nesrine Bouassida.
Photo : Nesrine Bouassida
De son côté, Hervé Kambale reconnait que lui aussi s’est adapté à la nouvelle réalité. Les choses ont beaucoup changé. Je peux dire que le grand changement, c’est que les tâches ménagères sont partagées équitablement
Selon la professeure Nathalie Mondain, ceux qui ont déjà voyagé ou qui ont vécu pendant longtemps dans d’autres pays, développent des aptitudes et habiletés pour s’adapter plus facilement aux réalités du pays d’accueil.
C'est tout à fait différent si vous partez de votre pays d'origine, et vous parachutez dans un pays comme le Canada malgré toutes les informations qu'on peut avoir ici et là.
Elle conseille aux migrants de chercher de l’aide dans les organismes communautaires, notamment pour leur intégration.


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