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Le gouvernement progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador a annulé un protocole d’entente qui aurait pu mener à la création d’une marine nationale de conservation sur la côte sud-ouest de l’île de Terre-Neuve.
Selon la province, une aire de conservation empêcherait la poursuite normale des activités de pêche, aquacoles et minières.
En juin 2023, le gouvernement provincial — libéral à l’époque — avait signé ce protocole d’entente avec la Première Nation de Miawpukek, la Première Nation Qalipu, le gouvernement fédéral et la Municipalité de Burgeo.
Les partenaires s’engageaient alors à évaluer la faisabilité d’une possible aire marine nationale de conservation appelée Fjords de la côte sud, administrée par Parcs Canada. Ils parlaient aussi de désigner Sandbanks, un parc provincial dans le sud-ouest de l’île de Terre-Neuve, comme parc national.
L’annulation de l’entente et du projet a été annoncée mardi par Chris Tibbs, le ministre de l’Environnement, de la Conservation et du Changement climatique de Terre-Neuve-et-Labrador.
La position du gouvernement provincial a été claire, a-t-il écrit dans un communiqué.

Le ministre Chris Tibbs a annoncé la décision de la province dans un communiqué, mardi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault
Il ne peut pas soutenir la création d’une aire marine nationale de conservation sur la côte sud de l’île à cause du risque potentiel qu’elle pose à l’aquaculture, la pêche et les activités minières, ainsi que les impacts sur les communautés qui en dépendent, a-t-il déclaré.
Protéger l’environnement tout en encourageant le développement économique demande un équilibre prudent. Le gouvernement provincial s’engage à sauvegarder les écosystèmes naturels tout en soutenant les industries, le commerce et une croissance économique durables, affirme le ministre Tibbs.
Le lobby de l'aquaculture s'agite
Dès son annonce, le projet de création d’une aire marine protégée a soulevé l’opposition de l’industrie de l’aquaculture.
Trouvant que la zone envisagée pour la conservation était trop proche de certains sites qu’elle convoitait pour établir des fermes d’élevage du poisson, l’industrie aquacole a fait pression sur le gouvernement provincial.
L’idée de départ était de créer une zone protégée de 9114 kilomètres carrés, s’étendant jusqu’à 40 milles nautiques au large des côtes.

Une carte de l'aire marine nationale de conservation qui était à l'origine proposée.
Photo : Gracieuseté - Gouvernement du Canada
Un comité consultatif de l’industrie de l’aquaculture a plaidé sa cause devant le comité formé pour piloter le projet. Il a été révisé, et la taille de la possible aire nationale de conservation a été ramenée à 6491 kilomètres carrés.
Dans une déclaration, l’association de l’industrie aquacole de Terre-Neuve-et-Labrador a félicité le premier ministre Tony Wakeham pour avoir fait passer les habitants d’abord.
Le regroupement a réitéré qu’à son avis, l’aire de conservation qui était proposée risquait de ravager l’économie locale sur la côte sud de Terre-Neuve.

L'industrie de l'élevage du poisson était opposée à la création de l'aire marine de conservation. (Photo d'archives)
Photo : Viven Kantarci / AFP via Getty Images
Le syndicat Fish, Food and Allied Workers (FFAW), qui représente quelque 14 000 pêcheurs à Terre-Neuve-et-Labrador, a remercié le premier ministre pour la décision de son gouvernement.
La présidente de FFAW, Dwan Street, a indiqué que le syndicat avait d’importantes inquiétudes au sujet des fermetures de zones de pêche que la création de cette aire marine aurait engendrées.
Nous ne recevions pas de réponses claires sur les impacts qu’elles auraient eus pour nos membres, a-t-elle dit.
Trop pressés d’enterrer l’idée, selon le maire
Informé par téléphone mardi matin par le ministre Chris Tibbs, le maire de Burgeo, Trevor Green, ne cache pas sa déception. J’espère qu’il y aura une façon d’en venir à une entente pour que l’industrie et la conservation travaillent ensemble, de façon unie, plutôt que de se battre l’un contre l’autre, a-t-il déclaré en entrevue.
Le maire dit que toute décision aurait été prise avec les pêcheurs et l’industrie piscicole, qui auraient fait partie d’un conseil de gestion.
Burgeo, dit-il, n’aurait jamais été de l’avant sans inclure leurs voix.
Je reste convaincu que beaucoup de négociations et de discussions restaient à avoir avant d’enterrer cette idée, soupire le maire.
Avec les informations de CBC


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