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Washington a estimé que les frappes israéliennes sur la base aérienne d’Abou Douhour, dans le nord-ouest de la Syrie, constituaient « une escalade inutile », qui ne contribuait pas à la stabilité régionale.
Les Etats-Unis se sont dits « profondément préoccupés » par les frappes aériennes israéliennes contre la base aérienne d’Abou Douhour, dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, mardi 18 août. Tom Barrack, envoyé spécial américain pour la Syrie et l’Irak, a déclaré sur X que ces frappes constituaient « une escalade inutile », qui ne contribuait pas à la stabilité régionale.
« Des avions de l’occupation israélienne ont tôt ce matin pris pour cible la piste de l’aéroport militaire d’Abou Douhour (…) avec huit frappes », a déclaré une source militaire non identifiée citée par la télévision d’Etat syrienne. « L’attaque a entraîné des dommages matériels à l’infrastructure de l’aéroport, sans faire de victimes », a ajouté cette source.
L’aéroport, qui a subi d’importants dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon une même source sécuritaire citée par l’Agence France-Presse. Il est actuellement protégé par les forces du ministère de la défense syrien.
Israël a mené des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar Al-Assad par une coalition de groupes islamistes. L’armée israélienne a également déployé des troupes dans la zone tampon surveillée par l’ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, affirmant y avoir établi une « zone de sécurité » qu’elle entend maintenir.
« Dialogue rationnel »
M. Barrack, également ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, a affirmé que le gouvernement d’Ahmed Al-Charaa n’avait « ni adopté une posture agressive ni maintenu de forces supplétives » et qu’il avait, au contraire, exprimé à plusieurs reprises sa préférence pour une désescalade avec Israël.
Washington a expliqué qu’il continuerait à accueillir des discussions afin d’encourager les deux parties à privilégier la voie diplomatique. Les Etats-Unis appellent ainsi l’ensemble des parties à faire preuve de retenue et à privilégier « un dialogue rationnel » plutôt que de nouveaux incidents militaires.
Le ministère des affaires étrangères syrien a « condamné dans les termes les plus forts les frappes aériennes israéliennes », les qualifiant d’« acte d’agression injustifiée ». Il a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU à « adopter une position ferme contre les violations répétées par Israël de la souveraineté syrienne ». Israël ne s’est pas exprimé dans l’immédiat.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ONG basée au Royaume-Uni et disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie, ces frappes ont eu lieu après « la visite, ces derniers jours, d’une délégation militaire turque à l’aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service ».
La Turquie, dont les relations sont exécrables avec Israël depuis le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, est un allié-clé des nouvelles autorités syriennes. La Syrie, à de nombreuses reprises, a condamné les opérations israéliennes sur son territoire, et exigé le retrait des troupes qu’Israël y a déployées. Cependant, le ministre de la défense israélien, Israel Katz, a redit la semaine dernière que son pays y maintiendrait des forces.
Le Monde avec AFP


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