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La Semaine du neuf du Vivier, qui se tient cette année du 27 février au 16 mars, proposait jeudi l’un de ses spectacles phares avec Le silence des mots, une création de Krystina Marcoux (idéation, dramaturgie et direction artistique), du compositeur Philippe Macnab-Séguin et de Christophe Lebreton, créateur de l’informatique musicale.
Comme l’écrivait Philippe Renaud dans notre édition du 25 février dernier, le thème de cette Semaine du neuf 2026 est la rencontre du geste et du son. « Ce n’est plus de la musique, ce n’est plus de la danse, les danseurs sont musiciens, et les musiciens deviennent danseurs », expliquait alors Jeffrey Stonehouse, directeur artistique du Vivier, notamment à propos de ce spectacle.
S’il y avait un projet emblématique de cette ligne artistique, c’était bien ce Silence des mots, créé jeudi au Studio-Théâtre de l’Édifice Wilder par les ensembles Stick&Bow et Paramirabo. Jeffrey Stonehouse avait annoncé la couleur de ce spectacle explorant « la relation intime entre geste, son et lumière, à la croisée de la musique contemporaine, de l’improvisation et de l’art numérique » et usant de capteurs de mouvements permettant aux interprètes de transformer le son des instruments. « La scène, l’espace scénique, devient alors un véritable instrument. On joue de cet espace divisé en plusieurs zones, chacune d’elles ayant une fonction différente », disait le directeur artistique et flûtiste Stonehouse, qui se trouvait sur scène jeudi soir.
Synergies
Les moyens mis en œuvre ont nourri un spectacle spirituel sur le silence et le son (dès le début en langage des signes, avec un discours s’estompant petit à petit), teinté d’humour (à la première apparition d’un instrumentiste cerné par un carré de lumière), mêlant gestes et musique électronique, sons et distorsion, parfois à partir d’airs connus (air de la Suite pour violoncelle no 1 de Bach, Indes galantes de Rameau).
Le compositeur était l’inventif Philippe Macnab-Séguin, que nous avions repéré lors de Montréal / Nouvelles musiques l’an passé. Son travail a été fort bien enrichi par l’électronique de Christophe Lebreton pour nourrir l’imaginaire de Krystina Marcoux.
Dans ce genre de projets ambitieux, il y a toujours lieu de se demander si les technologies sont des paravents pour cacher le manque d’idées. Ici, pas du tout : l’« Interactive Motion Sound System » est un outil source de créativité bien utilisé et de surprises. On doit ce succès largement à l’inventivité constructive de Krystina Marcoux.
La Semaine du neuf se prolonge dans les neuf prochains jours, avec, notamment une Journée famille, le 8 mars, un concert du Quatuor Bozzini, le 9 mars, Quasar le 11 mars et, en clôture, le 15 à La Sala Rossa, un programme double mettant en vedette le groupe d’improvisation Limules aux côtés de No Hay Banda et Ana María Romano.


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