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Route 66, le pouls de l’Amérique
L’épisode 5 sera disponible prochainement.
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Reportage« Sur la Route 66, pouls de l’Amérique » (4/6). Dans cette ville agricole texane de 210 000 âmes, l’arrivée en masse, et par effraction, des centres de données agite les esprits sur la question de l’eau. Une ressource qui se raréfie dans cette région et avec laquelle éleveurs et agriculteurs ont, comme avec leur terre, un lien « indéfectible ».
Non loin d’Amarillo, l’installation est la quintessence du pop art sur la Route 66 : 10 Cadillacs, le capot enfoui dans le sol depuis 1974 et taguées sans relâche. Trop déjanté sans doute. A 1 500 mètres de là, un second « parc Cadillac » montre des voitures neuves et le portrait géant d’un homme entouré de fusils-mitrailleurs avec l’inscription : « Cow-boy du deuxième amendement », en référence au droit constitutionnel de porter des armes. Nous sommes arrivés au Texas, le vrai.
En provenance d’Oklahoma City, nous nous sommes perdus avant d’arriver à Amarillo. Pendant 50 kilomètres défile la prairie, ces pâturages dignes des westerns de John Ford, avec un superbe coucher de soleil nuageux en Technicolor. Puis tout s’est gâté : les insectes projetés sur le pare-brise nous ont forcé à stopper faute de visibilité. A la nuit tombée, une odeur pestilentielle s’est imposée, celle des vaches, entassées par dizaines de milliers et engraissées au maïs, des tanneries et des abattoirs. « L’odeur de l’argent », disent les locaux. On aperçoit des lumières, celles des éoliennes et des data centers en construction. Enfin apparaît Amarillo, ville délabrée, coupée par la ligne de chemin de fer, avec son centre Art déco miteux et ses quelques néons rouges, plus ringards que vintage, qui attirent les Texans en goguette en ce samedi soir. L’Ouest n’est plus ce qu’il était et les habitants sont amers.
L’agriculteur en retraite Phil Sanders le confirme, en nous recevant sur ses terres, à 140 kilomètres au nord d’Amarillo – les distances sont ainsi au Texas. Ses aïeux sont venus s’installer ici après la guerre avec les Comanches. Ces Amérindiens avaient compris qu’ils n’avaient rien à espérer des colons européens : ils leur menèrent une guérilla féroce avant d’être défaits dans le canyon voisin de Palo Duro, en septembre 1874, par la cavalerie qui massacra plus de 1 000 de leurs chevaux. C’est ainsi que cette terre fut la dernière colonisée aux Etats-Unis.
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