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Par Marie Jo Sader et Lucien Lung
Publié aujourd’hui à 06h45Article réservé aux abonnés
ReportagePour la génération des 15-30 ans, la guerre est devenue un horizon permanent et, pour beaucoup, le prix à payer pour assurer leur sécurité. « Le Monde » est allé à la rencontre de cette jeunesse fracturée entre la certitude d’être au bon endroit et un désir d’ailleurs.
Ils n’ont connu ni processus de paix, ni poignée de main entre dirigeants israéliens et palestiniens. Ils ont grandi derrière le mur de séparation avec la Cisjordanie, construit par Israël à partir de 2002, et au rythme des guerres successives menées par leur pays, des roquettes du Hezbollah dans le nord, celles du Hamas dans le sud, jusqu’à la confrontation directe avec l’Iran.
Nés après les accords d’Oslo, signés en 1993, les jeunes Israéliens, contrairement à la jeunesse d’autres pays, se situent davantage à droite que leurs aînés. Plus attachés à une identité juive affirmée, souvent plus intransigeants sur les questions de sécurité, ils se construisent dans un pays engagé, depuis l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, dans la guerre la plus longue de son histoire, sur fond d’isolement diplomatique, d’accusations de génocide à Gaza et de violations du droit international.
De Sdérot à Haïfa, de Tel-Aviv à Jérusalem, en passant par les colonies de Cisjordanie occupée et la ville ultraorthodoxe de Bnei Brak, dans la banlieue de Tel-Aviv, Le Monde a rencontré des jeunes de 15 à 32 ans. Ils racontent leurs peurs, leurs aspirations et leurs fractures.
Vivre « sans les Palestiniens »
Maillots triangle, faux ongles vernis et peau hâlée par le soleil : Gaya Shani, Dani Kahana et Carmi Kemp, 15 ans, font l’école buissonnière. En cette dernière semaine de classe en Israël, fin juin, les trois adolescentes se sont accordé quelques heures de bronzage sur une plage de Tel-Aviv. Elles ont hâte d’être en vacances et préparent leur prochain camp scout. A moins qu’une nouvelle guerre avec l’Iran ne fasse voler leurs projets en éclats.
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