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Sur fond de guerre au Moyen-Orient et de tensions avec Trump, Londres regarde vers l’UE

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Dix ans après le référendum en faveur du Brexit, le Royaume-Uni s’apprête à annoncer une loi sur un rapprochement avec l’Union européenne (UE), au moment où la guerre au Moyen-Orient suscite des tensions avec Washington.

La relation a récemment viré à l’aigre entre le premier ministre travailliste, Keir Starmer, et le président américain, Donald Trump, qui a multiplié les critiques à l’égard d’un pays allié historique des États-Unis. Et le conflit déclenché par les frappes israélo-américaines contre l’Iran menace de profondément affecter l’économie britannique.

« On a un gouvernement déjà désireux de se rapprocher de l’UE, et les événements en Iran offrent une occasion d’accélérer ce processus », commente Evie Aspinall, directrice du groupe de réflexion British Foreign Policy Group, interrogée par l’Agence France-Presse.

Le gouvernement prépare une législation destinée à permettre un « alignement dynamique » des normes britanniques, notamment alimentaires, sur celles de l’UE au fur et à mesure de leur évolution, pour faciliter les échanges.

Elle sera annoncée formellement le 13 mai par le roi Charles III, chargé d’exposer le programme législatif des prochains mois, a-t-on appris de source gouvernementale.

Le travailliste Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, plaide pour une relation plus étroite avec les Vingt-Sept, après des années houleuses entre Londres et Bruxelles sous les précédents gouvernements conservateurs. Déclenchée par le référendum du 23 juin 2016, la sortie du Royaume-Uni a été achevée le 31 décembre 2020.

« Europe plus forte »

Le dirigeant britannique a exprimé cette volonté de rapprochement de façon plus insistante ces derniers jours, faisant part vendredi à l’issue d’une rencontre avec le président français, Emmanuel Macron, de son « ambition de resserrer les liens entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, compte tenu des menaces et des défis actuels, ainsi que de la nécessité de construire une Europe plus forte ».

L’UE est le principal partenaire commercial du Royaume-Uni, qui, selon l’estimation du FMI, sera le pays le plus affecté par la guerre au Moyen-Orient parmi les économies avancées.

« Il est certain que l’Iran a rendu [cette relance des relations avec l’UE] plus urgente », estime la source gouvernementale.

Keir Starmer a, comme ses homologues européens, refusé de s’engager dans la guerre contre l’Iran, ce qui a provoqué la colère de Trump, même s’il a autorisé les forces américaines à utiliser des bases britanniques à des fins « défensives spécifiques et limitées ».

S’il fait face à des appels à la démission de la part de l’opposition au Royaume-Uni en raison de sa décision de nommer Peter Mandelson, ancien proche de Jeffrey Epstein, au poste d’ambassadeur à Washington, Starmer a néanmoins été salué pour avoir tenu tête à Trump.

Ce dernier a menacé, lors d’un entretien récent avec Sky News, de revenir sur l’accord commercial conclu avec le Royaume-Uni pour limiter l’impact des droits de douane américains.

« Un élan »

« Il ne fait aucun doute qu’il existe un élan dans la relation entre le Royaume-Uni et l’UE, en partie en raison du comportement imprévisible de Trump », souligne David Henig, expert de la politique commerciale britannique post-Brexit.

« Une politique commerciale britannique indépendante paraît beaucoup plus difficile, tandis que les perspectives de coopération avec l’UE sont bien plus prometteuses », ajoute-t-il.

Le gouvernement Starmer espère introduire la législation cet été. Les députés devront se prononcer sur un mécanisme permettant d’adopter des règles européennes — parfois avec une procédure parlementaire accélérée — dans des domaines où des accords ont été signés avec le bloc.

Cela inclut un accord commercial destiné à réduire les contrôles sanitaires et phytosanitaires, ainsi que des projets d’accords sur l’électricité, notamment une participation britannique au marché européen de l’électricité.

Le Royaume-Uni et l’UE souhaitent aussi finaliser les négociations sur un programme de mobilité des jeunes, à temps pour un sommet conjoint à Bruxelles, attendu fin juin ou début juillet.

Londres va rejoindre en 2027 le programme européen d’échanges universitaires Erasmus.

Keir Starmer a exclu tout retour au marché unique ou à la libre circulation. Les libéraux-démocrates, pro-européens, souhaitent qu’il franchisse l’une de ses autres lignes rouges en négociant une union douanière avec l’UE.

Mais le Brexit reste un sujet toxique, et le parti d’extrême droite Reform UK, en tête des sondages et dirigé par l’europhobe Nigel Farage, a qualifié cette législation de « trahison » du référendum.

Les sondages montrent toutefois régulièrement qu’une majorité de Britanniques regrettent d’être sortis de l’UE. Et la pression croissante du coût de la vie sur les ménages, que la ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a imputée à la décision américaine de s’engager dans une guerre « sans plan de sortie clair », pourrait également peser dans l’opinion.

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