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PORTRAIT - L’impressionnant droitier tongien est un personnage à part à Bordeaux-Bègles. Redoutable de puissance sur le pré et attachant en dehors du terrain.
Inarrêtable comme Super Mario
Des entrées fracassantes. Habitué à entrer dans un rôle de super remplaçant, Ben Tameifuna a déjà inscrit cinq essais cette saison. Et il a particulièrement brillé lors de cette campagne en Champions Cup, puisqu’il a marqué en huitième face à Leicester, en quart contre Toulouse et en demi-finale face à Bath. Des entrées tonitruantes qui ont permis à l’UBB de sceller ses victoires. Lancé plein fer, le solide droitier - qui avait débuté à XIII avant de basculer à XV - est quasiment inarrêtable dans les zones de marque. Et Louis Bielle-Biarrey de sourire : «Ce que ça m’inspire ? Que je n’aimerais pas être en face ! On sait que Ben a des qualités physiques assez exceptionnelles. On est très contents de l’avoir avec nous.» Son capitaine Maxime Lucu avait raconté la saison dernière que, dans le vestiaire, les joueurs plaisantaient en l’imaginant dans Mario Kart avec le superpouvoir de l’étoile magique : «Il avait l’étoile de Mario ! Quand il avait le ballon, c’était carambolage à tous les rucks.»
«Big Ben», un poids qui fait des dégâts
Officiellement, son poids est de 148 kg, selon le site officiel de l’UBB. Mais il est régulièrement grimpé au-delà. Jusqu’à 160 kg ! Avec Uini Atonio, qui a récemment pris sa retraite sportive en raison d’un problème cardiaque, «Big Ben» est considéré comme l’un des rugbymen le plus lourds de la planète rugby. Dur à manœuvrer en mêlée, poison au grattage et redoutable force de percussion balle en main. «Il n’est pas efficace qu’en mêlée, il est capable de porter le ballon avec tellement d’efficacité, parce qu’il est si énorme ! C’est difficile de l’arrêter, avait expliqué Toutai Kefu, l’ancien sélectionneur des Tonga dans L’Équipe. Sa mobilité est surprenante. Son poids fluctue, il peut monter à 160 kg, mais c’est incroyable, malgré ça, d’être capable de bouger comme ça.» La question de son poids n’a jamais été un souci pour Christophe Urios, l’ancien manager de l’UBB : «Pour nous, le poids n’a jamais été un problème. Quand il est arrivé, Ben était entre 145 kg et 150 kg. Il n’a jamais dépassé 150 ou très rarement.» Même si, après la Coupe du monde 2019, il avait, de son propre aveu, décompressé en rentrant en Nouvelle-Zélande. «Franchement, je m’étais un peu lâché. Je venais de traverser une année intense, j’étais de retour chez moi, je profitais des bons petits plats de ma mère...»
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Édith Piaf en samoan, Big Flo et Oli... L’ambianceur du groupe
Tameifuna est le «chef de tribu» à l’UBB, soulignent ses coéquipiers et les membres du staff. Le pilier tongien est aussi le DJ officiel de l’équipe, celui qui met l’ambiance grâce à une énorme enceinte portable. «Que ce soit dans un bon ou un mauvais jour, la musique me rend toujours de bonne humeur», avait-il confié. Ses choix musicaux sont éclectiques, comme l’avait raconté son ancien coéquipier, le troisième-ligne Mahamadou Diaby, dans Sud Ouest : «Il est capable de mettre Édith Piaf, du rock, remettre Édith Piaf remixée en samoan, c’est tellement varié qu’il touche tout le monde. C’est un fédérateur. Il fait beaucoup de choses pour que le groupe vive bien, il en a besoin pour aller bien lui-même.» Avant la finale du dernier Top 14, «Big Ben» avait diffusé lors de l’entraînement du capitaine au Stade de France l’hymne du... Stade Toulousain chanté par Big Flo et Oli. Une blague qu’avait moyennement appréciée un membre du staff bordelais qui lui avait lancé en rigolant : «Tu nous casses les cou... avec ta chanson !» Christophe Urios, du temps où il était à l’UBB, avait, après une défaite, interdit ces fantaisies musicales. Avant d’autoriser à nouveau la diffusion de la musique. «Avoir la musique, c’est un privilège. On doit travailler pour ça, on doit gagner ce droit», avait alors martelé Tameifuna.
Leader et capitaine des Tonga et de l’UBB
S’il est connu pour son côté jovial et sa bonne humeur communicative, Ben Tameifuna est aussi un leader, un exemple, ce qui l’a conduit à hériter du brassard de capitaine chez les Tonga mais aussi à Bordeaux-Bègles. Son manager Yannick Bru n’hésitant pas à lui donner le brassard à plusieurs reprises, quand les autres leaders de l’équipe sont absents. «Il possède un leadership et une autorité sur le groupe. C’est le chef de tribu. Il a une forme de sagesse en lui, avait ainsi expliqué le technicien bordelais. Chez les Îliens de chez nous, c’est aussi leur totem. Il a été magnifique dans la semaine.» Et l’intéressé de reconnaître qu’il avait été un peu «choqué de ce choix de la part du staff» : «Parce que nous avons des joueurs comme Bastien (Vergnes-Taillefer), Jeff (Poirot) et Romain (Buros) qui ont déjà été capitaines par le passé. Quand Yannick m’a confié ce rôle, j’ai eu un peu peur pour être honnête. J’aime l’équipe et je me devais endosser ce rôle. J’alternais entre le français et l’anglais. Mais je pense qu’ils ont compris la passion que j’essaye d’apporter à l’équipe.»
L’impair des crampons blancs avec Richie McCaw
Natif d’Auckland, Ben Tameifuna a remporté deux fois le Super Rugby avec les Chiefs en 2012 et 2013, avant de rallier le Racing 92 en France en 2015 et de soulever le bouclier de Brennus en 2016 à Barcelone. S’il a choisi de choisir de représenter les «Ikale Tahi» (Aigles de mer) en 2017, l’international U20 avec les «Baby Blacks avait été appelé à un camp d’entraînement des All Blacks (sans honorer de sélection). Invité du podcast For The Love Of Rugby animé par les anciens internationaux anglais Ben Youngs et Dan Cole, le gaillard avait raconté qu’à cette occasion, il avait eu droit à un recadrage en règle de... Richie McCaw. «À notre arrivée, Adidas nous donne tous le package avec les équipements. J’ai donc reçu une paire de crampons noire et une paire de crampons blanche. Nous avions notre première séance de mêlée, je descendais pour faire l’échauffement des avants, et je vois Richie venir à ma rencontre. Il m’a quasiment empêché d’aller sur le terrain en me disant : "Tu es un All Black maintenant, tu portes des crampons noirs !" Je suis donc revenu aux vestiaires et j’ai changé mes crampons blancs pour mettre les noirs.» On ne plaisante pas avec les couleurs traditionnelles des «hommes en noir»...


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