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La mort de la collégienne de 11 ans avait suscité une vive émotion. Elle était harcelée par d’autres élèves, mais aussi par sa professeure de français.
Par Maxime Dhuin avec AFP

AURELIA MOUSSLY / AFP
Capture d’écran extraite d’une vidéo tournée par l’AFP à Herblay, le 12 décembre 2019, montrant des photographies d’Evaëlle.
Près de sept ans après le suicide d’Evaëlle, 11 ans, son ancienne professeure a finalement été condamnée. La cour d’appel de Versailles a prononcé une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre de Pascale B. pour harcèlement moral. Aux yeux de la justice, cette ex-enseignante, relaxée en première instance, a participé de la dégradation des conditions de vie de la collégienne qui a fini par mettre fin à ses jours.
La femme de 63 ans, absente lors du délibéré, a également été reconnue coupable de harcèlement sur un autre élève. Le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis envers Pascale B., l’avocate générale estimant qu’« elle a franchi la ligne rouge, humiliant, rabaissant et stigmatisant, pas tous les élèves, mais certains élèves qui sont choisis avec soin ». De son côté, la défense plaidait à nouveau la relaxe.
Devant la cour d’appel, la professeure de français s’était défendue d’avoir eu un comportement hostile. « Il m’arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n’ai jamais ciblé un élève en particulier », avait déclaré très calmement à la barre l’enseignante.
L’ancienne professeure de français se voit également définitivement interdite d’enseigner. Elle avait déjà cessé d’exercer « en raison des interdictions liées à son contrôle judiciaire en septembre 2020 », écrit le journaliste du Parisien. La sexagénaire a toujours nié toute humiliation et sa version avait convaincu le tribunal correctionnel de Pontoise qui l’avait relaxée en 2025, jugeant « les éléments de preuve » contre Pascale B. « souvent discordants, indirects » ou « peu circonstanciés ».
Lever « le voile sur la maltraitance des enfants par des professeurs »
Cette première décision favorable à l’enseignante n’avait pas convaincu le parquet qui a fait appel, tout comme les parents d’Evaëlle. En larmes à l’issue du délibéré, ces derniers ont salué la décision d’appel qui reconnaît l’existence du harcèlement de leur fille. Très émue, Marie Dupuis, la mère d’Evaëlle, a remercié la justice qui a levé « le voile sur la maltraitance des enfants par des professeurs », ajoutant que ce n’était qu’un début.
Le suicide de la collégienne de 11 ans remonte à juin 2019. Depuis son entrée en sixième au collège Isabelle-Autissier d’Herblay dans le Val-d’Oise, les problèmes s’étaient multipliés pour Evaëlle, victime de violences et d’insultes de la part de ses camarades, mais aussi de brimades et de mises à l’écart par sa professeure de français.
Pendant l’enquête, plusieurs élèves de la classe avaient raconté qu’Evaëlle était la cible récurrente de cette enseignante, qui lui faisait « beaucoup de remarques » et « lui criait souvent dessus ». Des témoignages faisaient notamment état d’une session en classe au cours de laquelle la professeure avait invité les enfants à faire part de leurs reproches à Evaëlle, invitée à s’expliquer.
D’après le récit de plusieurs élèves, Pascale B. se serait alors énervée contre la collégienne, en pleurs, lui intimant de répondre aux questions. Interrogée sur cette session litigieuse en première instance, la professeure avait nié toute volonté d’humiliation et expliqué avoir voulu « régler ce problème relationnel dans la classe ». De retour chez elle, Evaëlle avait décrit la journée à ses parents comme « la pire de sa vie ».


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