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Face aux centaines de licenciements en cours chez Stelco, le président du syndicat se dit favorable à une nationalisation de l'aciérie par le gouvernement fédéral.
Ron Wells, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs de l'entreprise à Hamilton en Ontario, affirme que sa section locale soutient depuis longtemps l'idée d'une nationalisation de l'aciérie, propriété de la société américaine Cleveland-Cliffs, par Ottawa.
Nous l'avions déjà dit en 2014, lorsque Stelco a été placée sous la protection de la loi sur les faillites, et personne ne nous a vraiment écoutés.
C'est probablement complexe et cela prendra du temps, mais, en attendant, nous devons remettre nos membres au travail. Dans un monde idéal, nous pourrions avoir les deux [les démarches de nationalisation et le retour au travail des emplois], croit-il.
La semaine dernière, le Nouveau Parti démocratique (NPD), au fédéral comme en Ontario, a réclamé la nationalisation de l'entreprise, suivant ainsi l'exemple du Royaume-Uni, qui a étatisé deux aciéries cette année.
De son côté, le gouvernement fédéral envisage de poursuivre Cleveland-Cliffs en justice, l'accusant d'avoir manqué à son engagement de maintenir un nombre équivalent de travailleurs syndiqués et un nombre similaire de travailleurs non syndiqués pendant cinq ans lors de son acquisition en 2024.
Le PDG de Cleveland-Cliffs, Lourenço Goncalves, soutient que l'entreprise est dans son droit de procéder à des mises à pied, car celles-ci sont temporaires et prévues jusqu'à la conclusion d'un accord commercial entre le Canada et les États-Unis. M. Goncalves a par ailleurs exprimé son soutien aux tarifs douaniers américains sur l'acier étranger.

Invoquant le modèle du Royaume-Uni, qui a étatisé deux aciéries cette année, le NPD, fédéral et ontarien, exige la nationalisation de Stelco. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole
Nicolas Lamp, professeur agrégé à la faculté de droit et à l'école d'études politiques de l'Université Queen's, soutient qu'il pourrait être dans l'intérêt du Canada de nationaliser l'entreprise.
Le gouvernement canadien doit vraiment examiner de près les raisons de ces mises à pied et se demander si une entreprise plus humaine – qui aurait à cœur le bien-être des travailleurs canadiens et l'intérêt national du Canada – aurait agi de la même manière, a-t-il déclaré la semaine dernière.
Se préparer au pire en espérant le meilleur
Licenciée la semaine dernière, Chelsey Mastej se dit complètement sous le choc. Travaillant principalement au laminage à froid – un secteur touché par les coupes –, elle avait pourtant été réaffectée au four à coke pour se protéger du manque d'ancienneté. Elle déplore d'ailleurs d'y avoir été évincée au profit d'un employé qui comptait moins d'années de service qu'elle.
Il y a eu des disparités quant à savoir qui restera et qui partira, soutient-elle.
CBCNews a contacté Cleveland-Cliffs pour obtenir des commentaires sur le processus de licenciement et les préoccupations soulevées par Mme Mastej, mais n'avait reçu aucune réponse au moment de la publication.

Emploi de l'usine de Stelco à Hamilton, Chelsea Mastej explique qu'elle adore son emploi et qu'elle a été surprise d'être licenciée, car elle est formée pour travailler au four à coke, qui continuera de fonctionner.
Photo : Avec l'autorisation de Chelsey Mastej
Même si elle adore son métier et affirme qu'il va certainement lui manquer, l'employée reconnaît que le personnel s'attendait depuis déjà un moment à de tels bouleversements.
Solidaire de ses collègues – qu'elle considère comme sa famille –, elle s'inquiète particulièrement pour ceux qui doivent faire face à d'importantes charges financières.
Une de mes amies, qui travaille à la production d'acier laminé à froid, a une fille qui joue au hockey, et c'est très cher, cite-t-elle en exemple.
Elle espère retourner au travail bientôt, mais se prépare mentalement et financièrement à toute éventualité.
Je suppose qu'il faut se préparer au pire tout en espérant le meilleur, conclut Mme Mastej.
Appels à la réduction des importations d'acier
La section locale a tenu une réunion mercredi, à laquelle Mme Mastej a assisté, afin d'aborder divers sujets, tels que les modalités de l'assurance-emploi et les possibilités de reconversion professionnelle. M. Wells a indiqué qu'une autre réunion aura lieu le 22 octobre.
Selon le président du syndicat, les travailleurs sont frustrés par les perspectives d'emploi et par le fait d'être mis à pied malgré la production de biens essentiels.
Ils se sentent floués, soutient M. Wells, soulignant que la transition d'un emploi manufacturier bien rémunéré à l'assurance-emploi, qui ne verse qu'une fraction du salaire complet, sera difficile pour de nombreux travailleurs et leurs familles. Ils sont mécontents, et ce, à juste titre.

John-Paul Danko, député libéral fédéral de Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas, affirme que Stelco Canada a cessé de vendre de l'acier provenant de ses usines canadiennes à des clients américains avant son annonce de licenciements. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
La section locale 1005 prévoit manifester dans les semaines à venir devant les portes de l'usine Stelco, rue Wilcox. À cette occasion, le syndicat interpellera Cleveland-Cliffs afin qu'elle respecte ses engagements et stoppe les coupes de postes, tout en demandant à Ottawa de durcir les tarifs douaniers afin de freiner le dumping d'acier étranger au Canada.
De loin, le principal coupable est les États-Unis, rappelle le président du syndicat. L'acier arrive sans taxe.
John-Paul Danko, député libéral fédéral de Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas, a abordé la question jeudi sur les réseaux sociaux, déclarant sur X que les importations d'acier américain, et non chinois, constituent la plus grande menace pour la production canadienne chez Stelco. Les justifications avancées pour les licenciements massifs chez Stelco sont contradictoires et profondément préoccupantes pour les travailleurs et les actionnaires de Cleveland-Cliffs.
Sur Facebook, M. Danko a souligné que Stelco Canada avait cessé de vendre de l'acier provenant de ses usines canadiennes à des clients américains avant les licenciements et que l'entreprise avait également cessé de prendre des commandes canadiennes pour les produits dont la production était abandonnée.
Le gouvernement du Canada ne cédera pas aux intérêts américains, a-t-il écrit. Notre gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour que Cleveland-Cliffs réponde de ses actes, tout en soutenant les travailleurs et en investissant au Canada pour stimuler le marché canadien de l'acier.
Avec les informations de Saira Peesker, CBC News


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