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« Spider Noir » : Nicolas Cage en Spider Man bourru et vieillissant, on y croit ou pas ? Notre critique de la série

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Les abonnés Amazon Prime vont découvrir l’acteur américain dans la peau d’un homme-araignée qui n’a pas grand-chose à voir avec Peter Parker.

Et de trois. Pour la troisième fois, Nicolas Cage se glisse dans la peau d’un super-héros en incarnant le détective privé Ben Reilly dans la série Spider Noir qui débarque en intégralité ce mercredi 27 mai sur Prime Video. Après la débâcle Superman et l’échec de Ghost Rider, est-ce cette fois-ci (vraiment) réussi ?

À 62 ans, Nicolas Cage joue dans sa première série, et est le nouveau Spider Man. Enfin presque. Non, il n’a pas piqué son masque à Tom Holland qui incarne le superhéros dans les films Marvel. Il campe un autre homme-araignée, avec nettement plus de bouteille et de vieux démons, et une petite inclinaison pour le whisky et la mauvaise foi. Et autant mettre fin au suspense immédiatement, ce rôle de Spider Noir lui va comme un gant.

Dans la série qui se déroule dans le New York des années 30, il est le détective privé Ben Reilly. Ce dernier enchaîne les petits contrats, mais a du mal à boucler les fins de mois et à payer son insolente et attachante secrétaire. Jusqu’au jour où une affaire un peu plus grosse que prévu le force à redevenir celui qu’il pensait avoir définitivement laissé derrière lui.

Jusque-là, rien de très « waouh », pensez-vous sans doute. Détrompez-vous. Car Spider Noir ne ressemble en réalité à rien de ce qu’on ait vu jusqu’à présent. Et ça fait un bien fou. La série est disponible en deux versions : une en couleurs « True-Hue Full Color », l’autre en noir et blanc « Authentic Black & White ». Nous avons dévoré les huit épisodes entièrement, exclusivement en noir et blanc, avec un plaisir qu’on n’essayera même pas de dissimuler.

Petit bijou « noir »

La série est filmée exactement comme un film noir des années 40. Difficile de ne pas voir Humphrey Bogart en suivant les déambulations d’un Nicolas Cage dans les rues poisseuses de la Grosse Pomme, comme un coq en pâte avec son pardessus et son borsalino vissé sur le crâne. Les dialogues bien rugueux, les personnages caricaturaux à souhait, les décors enfumés et humides, la musique jazzy, le rythme des scènes et la structure du montage, tout nous ramène aux grands polars classiques américains de cette époque. C’est un hommage clair, volontairement too much, mais profondément jouissif.

Janet Ross (Karen Rodriguez) dans « Spider Noir »

Aaron Epstein / Aaron Epstein/Prime

Janet Ross (Karen Rodriguez) dans « Spider Noir »

Et comme si Nicolas Cage ne suffisait pas, la série s’appuie sur un casting complet aux petits oignons. À commencer par Karen Rodriguez déjà vue dans The Big Leap et Hunting Wives, c’est la révélation humoristique de la série, chacune de ses apparitions est un régal. Autres visages bien connus des téléspectateurs : Lamorne Morris (New Girl, Fargo), parfait journaliste à l’affût du moindre scoop, et Li Jun Li (Sinners) la mystérieuse et séduisante chanteuse de cabaret Cat. Enfin, le grand méchant de la série, Silvermane, est joué par l’immense Brendan Gleeson. Plus besoin de présenter l’acteur irlandais qui excelle ici dans le rôle du mafieux au phrasé tranchant avide de mettre la main sur toute la ville.

Robbie Robertson (Lamorne Morris) dans « Spider Noir »

Aaron Epstein / Aaron Epstein/Prime

Robbie Robertson (Lamorne Morris) dans « Spider Noir »

Série super-héroïque

Et, puisqu’on parle tout de même de série de super-héros, Spider Noir nous en offre en veux-tu en voilà. Spider Noir, qui suit les aventures du personnage co-créé en 2009 dans les comics par le scénariste français Fabrice Sapolsky, offre son lot de scènes de baston à coups de poing, de batte mais aussi de superpouvoirs. Et évidemment, un homme-araignée masqué qui a totalement lâché la bonhomie communicative et la douce maladresse de celui joué par Tom Holland, au profit d’une ironie blasée qui sied parfaitement à Nicolas Cage.

“The Spider” (Nicolas Cage) est le héros Ben Reilly dans Spider-Noir

Courtesy of Prime

“The Spider” (Nicolas Cage) est le héros Ben Reilly dans Spider-Noir

Le pari est réussi. En 1996, Nicolas Cage s’était très brièvement glissé dans le costume moulant de l’un des superhéros les plus connus de la pop culture Superman. Le film Superman Lives que devait réaliser Tim Burton avait été tué dans l’œuf, jamais réalisé, empêchant l’acteur oscarisé de faire ses preuves dans la peau de Clark Kent.

20 ans plus tard, il avait interprété son vrai son premier rôle de super-héros, celui de Johnny Blaze alias Ghost Rider. Le film éponyme de Mark Steven Johnson fut un échec critique et commercial, qui ne bloqua toutefois pas la production d’un second volet avec la star de Volte Face. Force est de constater que cette troisième tentative est la bonne. N’ayant pas peur des grands mots, elle est même excellente. Pour peu qu’on se laisse sans résister, prendre dans sa toile.

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