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Alors que les plans du programme Artémis ont été bouleversés par la Nasa, comment vont s’en sortir les grandes entreprises qui participent au projet ? Avec cette nouvelle version, elles vont devoir faire leurs preuves.
Une des raisons invoquées pour justifier un changement profond autour de la mission Artémis III, censée aller sur la Lune, était le cas du Starship de SpaceX. Trop novateur, pas suffisamment testé et toujours incapable de réaliser un vrai vol et un rendez-vous orbital comme ce qui lui était demandé. De quoi faire craindre le pire aux experts.
Résultat : le véhicule Human Landing System (HLS), l’atterrisseur lunaire qui devait faire alunir les astronautes dès Artémis III, sera finalement bien utilisé, mais uniquement pour réaliser un test en orbite basse terrestre en 2027. Un rendez-vous orbital entre l’atterrisseur et le vaisseau Orion.
Une mise en pratique dès 2027
Comment cela va-t-il se passer pour SpaceX, mais aussi pour Blue Origin, une société concurrente, également sur les rangs ? Désormais, ces deux entreprises devront fournir dès 2027 un prototype d’atterrisseur lunaire — qui sera inhabité pour le premier vol de chaque engin.
Du côté de Blue Origin, cela signifie une mise en pratique de son atterrisseur Blue Moon MK2. Il s’agit d’un atterrisseur réutilisable qui, dans le plan initial, devait être assemblé dans l’espace grâce à plusieurs lancements, avant d’être envoyé en orbite lunaire pour y attendre le vaisseau Orion, avec les astronautes à bord.

Dans cette nouvelle architecture, le plan global reste le même, sauf qu’on ne garde que le rendez-vous orbital avec Orion, sans astronaute dans la boucle, et à une distance nettement plus modeste : autour de la Terre.
Pour SpaceX, le scénario est sensiblement le même : son HLS devra d’abord faire ses preuves en orbite basse.
Chaque entreprise a réagi vendredi, peu après l’annonce de la Nasa, pour faire savoir sa disponibilité et sa motivation pour continuer. « On est tous partants », a écrit Blue Origin. « SpaceX partage les mêmes objectifs que la Nasa de retourner sur la Lune avec une présence permanente, aussi vite et sans danger que possible », a déclaré SpaceX.
Faire moins, mais plus vite
Ce changement est même une aubaine pour SpaceX, car son rival a déjà pris les devants quelques semaines auparavant avec le développement d’une variante du MK2. Dans cette nouvelle formule, l’atterrisseur était assemblé en orbite grâce à des fusées New Glenn, sans avoir besoin de ravitaillement durant le transit, ce qui était un défi technique difficile à réaliser.

Désormais, les deux entreprises sont sur un pied d’égalité puisqu’aucune n’a besoin de maîtriser ce ravitaillement dès Artémis III. Le nouveau scénario prévoit que ces deux entreprises assurent pour commencer l’amarrage de leurs structures respectives avec le vaisseau Orion.
Avec une nuance, cependant : SpaceX et Blue Origin doivent également se préparer à ce que leurs engins accueillent, à l’avenir, des astronautes. Cela implique donc le développement d’un prochain habitacle pour les accueillir, et passer du vaisseau Orion à la nouvelle capsule.
En somme, les deux entreprises doivent faire moins, mais plus vite, puisque tout cela doit être prêt dès 2027. Leur priorité était auparavant l’atterrissage lui-même. Maintenant, seul reste le rendez-vous orbital. On retrouve dans ce système l’héritage du programme Apollo avec des étapes s’enchaînant plus rapidement, avec moins de « premières fois » entre.
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