À Paris, le musée de la Poste consacre jusqu'au 22 septembre une exposition intitulée "Sous toutes les coutures", retraçant plus de deux siècles d'histoire du vêtement professionnel.
Un bleu de travail, un uniforme, une blouse... Le vêtement au travail est un vaste sujet, longtemps ignoré dans le monde paysan, propulsé sur le devant de la scène à l'ère industrielle, puis soigneusement pensé pour ceux qui sont au contact du public.
Porter sa fierté
L'exposition Sous toutes les coutures, le vêtement au travail s'ouvre sur une pièce d'archives saisissante : une ordonnance de Louis XVI exigeant que les maîtres de poste et les postillons revêtent un habit bleu roi.
Le postillon — ce conducteur d'attelage qui, contrairement au cocher, montait le cheval de gauche pour guider la diligence — incarnait alors une fonction officielle, et son habit devait en témoigner.
Car l'uniforme au travail, c'est souvent une fierté. Une photographie de 1896 en dit long : on y voit Victor, chef des postes, et son frère Henri, gardien de la paix, exhibant avec ostentation redingote et képi.
Un voyage dans l'histoire
Les habits accompagnent parfois aussi de petites révolutions. En 1848, les sergents de ville deviennent gardiens de la paix et leur apparence évolue avec leur mission.
Des clichés de confiseurs en tenue professionnelle au début du XXe siècle ne manquent pas d'allure. Mais dans les années 1970, beaucoup réclament le droit de s'affranchir de la blouse.
Sous toutes les coutures est avant tout un voyage dans l'histoire de l'habit du labeur. Zola en avait saisi toute la puissance dans Germinal, en 1885 : "Leurs vêtements de travail raidis par la poussière et la sueur semblaient faire partie de leur chair".


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