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Les paramilitaires des Forces de soutien rapide ont lancé mercredi une vaste attaque coordonnée de drones, visant la capitale et d’autres villes contrôlées par l’armée, distantes de plusieurs centaines de kilomètres.

Une mosquée touchée par une frappe de drone à Khartoum, le 12 août 2026.

Une mosquée touchée par une frappe de drone à Khartoum, le 12 août 2026.

La capitale soudanaise Khartoum, contrôlée par l’armée, a été la cible jeudi 13 août, pour le deuxième jour de rang, de frappes de drones menées par les paramilitaires, qui ont aussi lancé des attaques ailleurs dans le pays.

Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par une guerre opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Khartoum, reconquise par l’armée l’an dernier, connaissait un répit relatif depuis des mois. Mais les FSR ont lancé mercredi une vaste attaque coordonnée de drones, visant la capitale et d’autres villes contrôlées par l’armée, distantes de plusieurs centaines de kilomètres.

Jeudi, les mêmes scènes se sont répétées : un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a fait état de tirs de drones et de missiles au-dessus de la ville. « Les défenses antiaériennes de l’armée ont riposté aux drones de la milice et les ont abattus », a affirmé une source militaire, en référence aux FSR. Les paramilitaires ont également lancé une contre-offensive au sud-ouest de la capitale, sur l’axe routier reliant la capitale à El-Obeid, grande ville de la vaste région du Kordofan, au cœur des affrontements entre les deux camps ces derniers mois.

Douze millions de déplacés

Dans cette zone, des combats étaient également signalés à Jabrat Al-Sheikh et Bara, selon des sources des deux camps. Une source au sein de l’armée a fait état d’une attaque menée « avec un grand nombre de véhicules » contre Jabrat Al-Sheikh, « précédée de frappes de drones ».

Mercredi, les frappes à El-Obeid avaient fait deux morts, a rapporté jeudi le groupe de défense des droits humains Emergency Lawyers, qui documente les atrocités commises dans le conflit. Plus à l’est, une autre attaque des FSR a été signalée à Kurmuk, à la frontière avec l’Ethiopie, une ville stratégique reprise par l’armée le mois dernier. L’Ethiopie dément héberger des combattants des FSR, mais des sources locales affirment que la frontière, difficile à contrôler, constitue une importante voie d’approvisionnement pour les paramilitaires et leurs alliés.

Les travailleurs humanitaires estiment à plus de 200 000 le nombre de personnes tuées à travers le Soudan depuis le début de la guerre, qui a déplacé plus de 12 millions de Soudanais, dans ce qui constitue, selon l’ONU, la plus grave crise humanitaire au monde. Le chef de l’armée, Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, et le commandant des paramilitaires, Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », qui étaient alliés avant de se brouiller sur fond de lutte pour le pouvoir, refusent de négocier tout en cherchant à prendre un avantage décisif sur le champ de bataille.

Les FSR ont consolidé l’an dernier leur contrôle sur l’immense région du Darfour, dans l’ouest du pays, avant de chercher à conquérir des territoires dans la région du Kordofan et le long de la frontière sud-est avec l’Ethiopie. L’armée contrôle, elle, le centre, le nord et l’est du pays. Après cette dernière a repoussé le mois dernier les FSR de l’axe routier reliant El-Obeid à la capitale, les paramilitaires ont menacé de lancer une vaste offensive de représailles.

Le Monde avec AFP