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L’organisme à but non lucratif SOS grossesse Estrie lance une mise en garde contre « des actions anti-choix [qui] se déroulent actuellement en Estrie. »
Des groupes anti-choix approchent des organismes, des partenaires et même des écoles, souvent en se présentant comme pro-choix. Cette situation nous inquiète profondément, a écrit sur sa page Facebook l’organisme qui se décrit comme la seule référence pro-choix de la région.
Paskale Hamel, la directrice générale, explique que chaque semaine, SOS grossesse Estrie se fait contacter au sujet d’un organisme chrétien qui œuvre auprès des femmes enceintes ici, à Sherbrooke.
La directrice n'a pas souhaité nommer l'organisme, mais, selon nos informations, il s'agit d'Options grossesse Lennoxville.
Paskale Hamel déplore que cet OBNL ait une approche qui manque de neutralité et qui découragerait l’accès à l’avortement, notamment parce qu’il propose des services connexes, comme des vêtements et des jouets d’enfants gratuits.

Paskale Hamel est la directrice générale de SOS grossesse Estrie.
Photo : Radio-Canada / Étienne Meunier
Le fait que cet organisme-là offre d’autres services, ça peut être tentant de se dire : "bien, cette femme a besoin; on va la référer vers cet organisme-là, même s’il est anti-choix." Parce qu’elle a besoin de vêtements, besoin de nourriture. Oui, mais, si cette femme-là vit une grossesse imprévue ou de l’ambivalence, elle ne sera pas bien aidée, bien orientée, explique Paskale Hamel.
Elle risque d’être vraiment influencée dans son choix. Ce qu’on ne veut pas. On veut que ce soit la femme qui décide pour elle, parce que c’est elle qui va vivre les avantages et les inconvénients de son choix.
Des organismes affiliés à des groupes religieux
Une étude publiée en décembre par la Fédération du Québec pour le planning des naissances dresse le portrait du mouvement contre l’avortement dans la province. Une liste d'organismes communautaires affiliés à des groupes religieux s’y retrouve, et Options grossesse Lennoxville est du lot.
Cette étude est financée par le Secrétariat à la condition féminine du Québec et révèle que même si ces groupes communautaires sont en apparence ouverts à l’avortement, ils cherchent à réduire l’ambivalence en rendant la grossesse plus agréable.
Ces interactions contribuent à intégrer l'idéologie antiavortement auprès des personnes vivant des situations de vulnérabilités, dont les besoins les amènent à fréquenter ces lieux, peut-on lire dans le rapport.
Options grossesse Lennoxville se dit un espace bienveillant
La direction d’Options grossesse Lennoxville affirme avoir été peu ébranlée par les conclusions du rapport, mais souhaite se concentrer sur son offre de services.
Et selon la direction, ces services sont neutres. Par exemple, la directrice du soutien aux clients, Angela Tracy, explique que tout ce qui peut faire référence aux bébés, tels que les jouets et vêtements, se trouve à l’étage pour ne pas influencer la décision des personnes qui sont encore en réflexion.
Questionnée sur la mission d’Options grossesse Lennoxville, Angela Tracy indique qu’il se veut un espace bienveillant pour même la seule personne qui aurait besoin d’aide.

Angela Tracy est la directrice du soutien aux clients d'Options grossesse Lennoxville.
Photo : Radio-Canada / Étienne Meunier
99 % des femmes disent, après 5 ans, ne pas regretter leur avortement. C’est fantastique. On ne veut pas changer ça. 1 % des femmes disent ou bien qu’il y a un regret, ou bien qu’elles ont senti de la pression. Notre but, c’est de venir en soutien à ce 1 % là, précise-t-elle.
96 % des femmes qui [se sont vu refuser l’accès à] l’avortement disent, 5 ans plus tard, donc le même [nombre] de temps, qu’elles ne regrettent plus d’avoir été refusé un avortement. Donc, il y a quand même un 4 % qui vivent difficilement, ajoute Angela Tracy.
C’est aussi notre but. C’est de faciliter l’accès au choix ou à l’adoption. Ou faciliter les [défis] de la parentalité, pour celles qui regrettent ce choix-là de ne pas avoir eu un avortement.
Ces statistiques mentionnées par Angela Tracy sont issues d’une étude réalisée aux États-Unis, dans des états où l’avortement est illégal. Nous n’avons pas été en mesure de valider ces données.
L'organisme ne s'identifie ni à la description pro-choix, ni pro-vie. La direction dit vouloir éviter ce débat qu'elle juge trop politique, mais elle assure offrir l'information aux personnes voulant se faire avorter.
Options grossesse Lennoxville, qui est un organisme ouvertement chrétien, dit reconnaître le manque d'ouverture de l'Église en matière de grossesse, d'avortement ou d'adoption, et souhaite mieux outiller l'Église aujourd'hui, afin qu'elle offre des réponses à ces enjeux plutôt que du jugement.


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