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Sortir de la pauvreté est plus difficile à Sept-Îles, faute d’autobus

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Sortir de la pauvreté, encore une fois cette année, est plus difficile à Sept-Îles qu’ailleurs au Québec. C’est le constat de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), qui montre du doigt l’absence de transports en commun, particulièrement coûteuse pour les familles de la région.

Le revenu viable à Sept-Îles pour une personne seule est de 44 780 $. Pour une famille monoparentale, il s’élève à 58 385 $. C’est plus que dans toutes les autres villes étudiées par l’IRIS.

Il n'y a rien de surprenant, c’est le cas chaque année date à laquelle 2015, lorsque l’Institut a commencé à faire de tels calculs.

Cette édition apporte toutefois une nouveauté:  Pour la première fois depuis le début du calcul du revenu viable, Sept-Îles n’est pas systématiquement la ville la plus dispendieuse, écrit-on dans le rapport.

En effet, Montréal est plus coûteuse pour une famille de quatre. Il y faut 88 812 $ pour faire autre chose que subvenir à ses besoins de base, contre 88 266 $ à Sept-Îles.

L’absence de transports en commun propulse encore et toujours le coût de la vie de la capitale nord-côtière en tête de peloton de la province. Sans un tel service, les résidents n’ont d’autre choix que d’avoir une voiture pour vivre convenablement, selon l’IRIS.

Et cette réalité est bien connue des organismes de la région, comme le Centre de recherche et d’information en consommation. Cathy Beaudin, une intervenante basée à Sept-Îles, croit qu’un autobus changerait tout pour les familles les plus vulnérables.

Mon Dieu, ça faciliterait tellement la vie à nos gens. Ils pourraient aller au travail librement, dit-elle. 

À défaut de transport en commun, l’achat d'une voiture est inévitable, particulièrement pour les parents. Mme Beaudin rapporte connaître des mères monoparentales qui n’ont d’autres choix que de faire des sacrifices pour permettre à ses enfants de faire des activités.

Une mère va acheter une voiture pour les activités, mais, en même temps, ils n’ont plus de sous pour en faire.

Des personnes remplissent des tablettes au comptoir alimentaire.

Selon le Centre de recherche et d'information en consommation, des familles doivent couper dans le budget d'alimentation pour payer leur véhicule et les activités de leurs enfants. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Quand les jeunes deviennent des ados, ils veulent sortir, ils veulent aller chez leurs amis, ils veulent être comme les autres. Alors, on va couper sur la nourriture. On n’a pas le choix. Le loyer, il faut qu'il soit payé.

Les revenus nécessaires pour sortir de la pauvreté à Sept-Îles et à Montréal sont relativement semblables, et ce malgré des réalités complètement différentes.

Dans la métropole, le prix des loyers est beaucoup plus élevé – un écart de presque 10 000 $ pour une famille de quatre. Or, ce montant est presque entièrement compensé par le coût pour un ménage semblable à Sept-Îles d’avoir deux voitures, ce qui lui fait débourser un surplus de 9000 $ par rapport à Montréal.

« Un contrat social brisé »

Le chercheur à l’IRIS Guillaume Tremblay-Boily s’inquiète de la tendance qu’a le revenu viable d’augmenter, année après année, plus rapidement que l’inflation. La hausse du salaire minimum, prévue vendredi, n’y change rien, loin de là.

Travailler au salaire minimum à temps plein, ça permet seulement d'obtenir le deux-tiers du revenu viable, précise-t-il.

Je pense que les gens s'attendent à être capables de sortir de la pauvreté en travaillant. On a l'impression qu’il y a un contrat social qui s’est brisé.

Cette réalité n’épargne pas les villes qui ont les revenus viables les moins élevés, comme Sherbrooke, Saguenay et Trois-Rivières.

Celles-ci continuent toutefois d’avoir des loyers moins chers que dans les grandes villes comme Montréal, tout en offrant un service de transport en commun, contrairement à Sept-Îles.

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