The Good Sister, en salles ce mercredi, est un premier long-métrage intègre, d’une exemplaire rigueur et tenue, sur une famille mise à l’épreuve par une affaire criminelle.

Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 10:15 - Temps de lecture :

Marie Bloching et Anton Weil. Photo Selma Von Polheim Gravesen Marie Bloching et Anton Weil. Photo Selma Von Polheim Gravesen

Sarah Miro Fischer fait irruption dans le cinéma allemand avec un film droit. L’intrigue est celle d’un dilemme auquel est en proie une sœur dont le frère, avec qui elle partage un appartement, est accusé de viol par une jeune femme. Au conflit de loyauté à l’égard du frère aimé qu’elle entend protéger, s’ajoute un conflit de conscience et de responsabilité - se taire, c’est se rendre complice d’un crime.

Quel que soit le bout par lequel le dilemme est pris, il ressort du fardeau et de la culpabilité de la dénonciation comme du silence. Sarah Miro Fischer traite cet étau avec de la subtilité, dans un souci de grande retenue dramatique, laissant ses personnages en eaux grises, flottant dans l’indécision plutôt qu’en proie à des affects démonstratifs, tout en éclats sursignifiants.

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L’amour à l’épreuve de la morale

La réalisatrice, qui elle-même a subi des violences sexuelles, situe ses protagonistes dans un environnement familial sans histoire. Elle place dans une stricte normalité sociale l’agresseur, pour rompre avec l’idée du monstre détraqué, désaxé, psychopathe. « Lorsque des personnes que l’on aime sont accusées, on pensera qu’il s’agit d’un malentendu ou que quelque chose n’est pas clair. Le fait est que cela peut arriver à n’importe qui, une personne lambda, pas seulement un inconnu effrayant dans une ruelle. »

Dans son film, l’acteur Anton Weil joue un violeur qui a tout du gars sympathique et du gentil frangin, qui entretient une relation fusionnelle avec sa sœur et confiante avec leur mère. Il revient à l’excellente Marie Bloching de porter ce film fort, qui se place du point de vue de la sœur qui doit composer avec l’amour inconditionnel pour son frère et l’impératif moral. L’actrice tient ce rôle tout en douleur rentrée, avec une force et une finesse admirables, la caméra pour saisir ses plus subtiles nuances de jeu sensible.

The Good Sister de Sarah Miro Fischer, en salles dès ce mercredi 2 septembre. Durée : 1 h 36.

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