NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La Frappe, en salles ce mercredi, est un premier grand film percutant, sur la manipulation et l’amour filial. Découvert à la Semaine de la Critique, au dernier Festival de Cannes, il vient tout juste d‘être récompensé du Valois de la mise en scène et de l’acteur pour Diego Murgia, au Festival du film d’Angoulême.
Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 08:45 - Temps de lecture :
Bastien Bouillon, césarisé pour le polar La Nuit du 12 (2022) de Dominik Moll, n’a jamais autant tourné que ces dernières années - plusieurs longs-métrages avec rôles-titres par an. Il prendra l’an prochain les traits de Robert Badinter, dans le biopic éponyme réalisé par Pierre Godeau, dont la sortie est prévue le 3 mars 2027. Depuis qu’il est l’un des acteurs français les plus en vue, on l’a vu à l’œuvre, à la fois à l’aise dans un large spectre de registres et de genres, et bien intéressant en parfait salaud qui n’en a pas l’air. Julien Gaspar-Oliveri, avec sa directrice de casting Stéphanie Doncker, a bien fait d’aller le chercher sur ce terrain de jeu de l’ambiguïté et de l’ambivalence, comme l’avait fait Nathalie Najem dans Aux Jours qui viennent (2025) pour un rôle retors à facettes, où tout son charme doux servait à habiller une toxicité manipulatrice et une violence masquée.
Le voilà exactement comme ça, dans La Frappe, Bastien Bouillon : dans l’apparence maîtrisée d’un père avec des failles mais sympathique, tout juste libéré de prison pour des faits qui ne sont pas nommés, mais dont remontera vite la gravité étouffée et traumatique. L’illusion est parfaite, la fragilité fait mine de s’engouffrer avec lui dans le récit, pourtant contaminé insidieusement, petit à petit, par un sentiment diffus de malaise, jusqu‘à ce que la tension induise une rupture choc, mais qui n’arrivera qu’en toute fin, explosive, inattendue, frappante littéralement.
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
« C’est un film sur l’impossibilité de dire »
Avec son directeur de la photographie, Martin Rit, Julien Gaspar-Oliveri a travaillé une mise en scène qui cadre d’assez près la tension grandissante, saisissant le trio familial autour duquel tourne l’histoire (le père, le fils, la fille). « Tout est sous la peau, intériorisé. On rit, on se gueule dessus mais on ne dit jamais quel est le vrai problème. La caméra prévient qu’il y a quelque chose de monstrueux qui va arriver. Une fois que le monstrueux est là, on essaie d’inverser la tendance, de montrer que le monstre n’est pas visible, qu’il ne fait pas peur. C’est un film sur l’impossibilité de dire. »
Pour porter à l‘écran cette tragédie imprévisible et brutale, à la mécanique parfaite servie par une forme précise de naturalisme documentaire qui saisit la vérité de personnages dans un quotidien, Julien Gaspar-Oliveri a fait un travail personnel, de mise à distance de la relation incestueuse qu’il a subie. Un travail de documentation et de partage d’expériences avec d’autres victimes, posant cette question lancinante à laquelle il n‘entend aucunement apporter une claire réponse : « Pourquoi a-t-on autant de mal à ne plus aimer ses parents ? »
Solide et perturbant scénario décalé d’une autobiographie devenue fiction de cinéma, La Frappe a été tourné vite, en 22 jours, dans une forme d‘urgence et d’authenticité brute, préservée par l’absence de toute répétition et servie par d‘épatants jeunes comédiens, au jeu simple et vif : Diego Murgia, découvert dans Dalva et Temps mort (2022) ; puis revu dans Les Trois fantastiques (2023), et Romange Fringeli, actrice débutante, sont remarquables. Il est probable que tous deux se retrouveront sur la liste des jeunes révélations des César.
La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri, en salles dès ce mercredi 2 septembre. Durée : 1 h 46.


1 month_ago
40



























.jpg)






French (CA)