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Sonara : le Cameroun abandonne Parras 24 pour un PPP

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Sept ans après l’incendie de 2019, la Sonara n’a toujours pas redémarré. Le plan de sauvetage Parras 24, adopté il y a moins d’un an, vient d’être enterré à Yaoundé. Le gouvernement camerounais mise désormais sur un partenariat public-privé pour financer la reconstruction de la raffinerie. Un an à peine pour liquider un plan à 300 milliards de F CFA, difficile de ne pas y voir un aveu d’échec.

Un projet remplacé après un sondage de marché

Le plan Parras 24 devait relancer le raffinage en vingt-quatre mois. Il a été enterré les 29 et 30 juin, suite à un sondage de marché organisé à Yaoundé. Le dossier revient désormais entre les mains du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avec l’aval de la présidence. Une commission multisectorielle, coordonnée par Martial Valery Zang, a été créée le 14 avril pour aboutir à un PPP.

Le retour, en partie, au projet Sonara 2010. Celui qui prévoyait l’installation d’un hydrocracker, avant que l’incendie du 31 mai 2019 ne vienne tout bousculer, en endommageant quatre unités de raffinage sur treize.

Paul Biya a validé un plan à 700 milliards de F CFA, combinant réhabilitation et modernisation. Pour rendre la raffinerie présentable aux investisseurs, l’État a injecté 165,4 milliards de F CFA, portant le capital à 184,9 milliards de F CFA, une hausse de 848%. La dette bancaire et fournisseurs, qui s’élevait à 381 milliards de F CFA, a été totalement apurée.

Des doutes qui persistent chez les investisseurs

Le modèle DBFM a été présenté comme la formule la plus adaptée. Mais la capacité proposée, 3,5 millions de tonnes métriques par an, ne convainc pas tout le monde. « Beaucoup ont estimé qu’il fallait au minimum monter à 5 millions de tonnes métriques pour que le projet devienne rentable », confie un participant au sondage de marché.

Ce chiffre remonte à une quinzaine d’années, à l’époque du projet Sonara 2010. Un expert local plaide carrément pour 7 millions de tonnes, « sous réserve de confirmation par une étude de marché actualisée ».

La question de la méthode de construction divise aussi. Rénover l’existant ou reconstruire intégralement ? Une source proche du dossier compare la connexion d’installations vieilles de quarante ans à un hydrocracker neuf à « conduire une Rolls-Royce avec un moteur de deux-chevaux ». Un consensus se dégage quand même en faveur d’une reconstruction complète, en attendant le rapport du cabinet Axens prévu fin 2026.

Le vrai problème, c’est peut-être les hommes plus que les machines. Près des trois quarts des salariés expérimentés ont quitté l’entreprise depuis le sinistre. Former un référent technique capable de gérer un incident complexe prend huit à neuf ans, un délai que ni le PPP ni l’hydrocracker ne raccourciront.

Laurent Diby

Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]

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