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Un projet de loi qui viserait à forcer les toxicomanes à suivre un traitement fait craindre le pire aux professionnels de la santé, qui s’inquiètent de la charge que cela pourrait engendrer dans les salles d’urgence de la Saskatchewan, lesquelles ressentent déjà beaucoup de pression.
L’Association médicale de la Saskatchewan [SMA] ne peut pas soutenir la loi sur le Compassionate Intervention Act [loi sur les interventions bienveillantes; traduction libre] dans sa mouture actuelle, a indiqué Pamela Arnold, présidente de l’Association, en entrevue cette semaine.
Il s’agit du projet de loi qu’a présenté le Parti saskatchewanais en chambre, en décembre dernier. Déjà, la mesure a créé certaines divisions dans la communauté des médecins.
Dans une déclaration commune faite plus tôt avec le Collège des médecins et chirurgiens de la Saskatchewan, la SMA avait dit que la province devrait s’attarder à améliorer les programmes de traitements existants, avant d’imposer des soins involontaires à la population.
Selon l’Association, les salles d’urgence pourraient devenir un centre d’admission pour les personnes en situation de dépendance, ce qui entraînerait une surcharge pour le personnel infirmier.
Le problème, selon Pamela Arnold, est que le plan provincial n’indique pas à quel endroit ces patients seront pris en charge.
Nous ne pouvons pas offrir cette proposition dans le modèle des urgences actuel, soutient Pamela Arnold.
Le gouvernement nuance les propos des professionnels de la santé. Selon Lori Carr, ministre de la Santé mentale et des Dépendances, le projet de loi ne mettra pas les salles d’urgence à rude épreuve, quoiqu’il reste du travail à faire dans l’élaboration du processus.
Nous allons retravailler cela après l’adoption de la loi, précise Mme Carr.

La ministre de la Santé mentale et de dépendances, Lori Carr, a défendu le projet de loi présenté par son gouvernement en décembre dernier.
Photo : La Presse canadienne / Heywood Yu
Le projet de loi demeure à l’étude des parlementaires, et le gouvernement tente de le faire adopter d’ici la fin du printemps.
Parmi les propositions du texte législatif, les forces de l’ordre, le personnel médical ou les membres de la famille peuvent recommander un toxicomane à une instance spécialisée en dépendances. Ce dernier déterminerait les mesures nécessaires, notamment la pertinence d'un traitement forcé et, le cas échéant, sa durée.
Sur la question de l’endroit du traitement, la ministre Lori Carr a mentionné que la Saskatchewan veut pouvoir ajouter plus d’espaces de traitement volontaire, mais elle indique avoir besoin d’une autre option pour ceux qui ne sont pas en mesure de prendre une décision eux-mêmes.
Nous travaillons à trouver des places pour ces personnes.
Sensibilité culturelle
Des médecins ont fait part d’autres inquiétudes en lien avec le projet de loi.
Le président du Collège des médecins et chirurgiens, Oladapo Mabadeje, a expliqué pour sa part qu’il y avait un nombre limité de preuves que peut utiliser l'instance spécialisée lorsque vient le temps d’inciter une personne à recevoir un traitement.
De l'avis de Lori Carr, il sera important pour le tribunal d’inclure des professionnels des milieux médical et juridique.
Nous allons faire preuve de sensibilité culturelle, affirme-t-elle. Une personne membre sera issue des communautés autochtones. Nous allons nous assurer que nous avons les bons professionnels dans cette instance pour que les décisions soient prises de la bonne façon.
La porte-parole du NPD en matière de santé, Meara Conway, a dit en mêlée de presse que la province devrait fournir des détails sur la manière dont fonctionnera le plan.
Nous aurons besoin de clarté pour savoir comment cela va fonctionner, a-t-elle fait savoir.
Elle soutient que les temps d’attente pour les services de dépendances sont déjà élevés et que la surcharge en salles d’urgence se fait déjà sentir.
Avec les informations de La Presse canadienne


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