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La prestigieuse distinction a été décernée ce vendredi à Navanethem Pillay, dite "Navy" Pillay. Cette juriste a été récompensée « pour ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international ».
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:12 | mis à jour aujourd'hui à 14:01 - Temps de lecture :
Le prix Nobel de la paix a récompensé ce vendredi la juriste sud-africaine Navanethem "Navi" Pillay « pour ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international ». Âgée de 85 ans, Navi Pillay a notamment présidé la commission d'enquête indépendante de l'ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.
« La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide fassent l'objet de poursuites judiciaires », a indiqué le comité Nobel, qui a salué son « courage » et « intégrité » exceptionnels. « À une époque marquée par des défis existentiels – notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n’avait pas connu depuis longtemps, le droit international n'est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C'est une nécessité absolue », a ajouté le jury.
Goebbels doit « applaudir depuis l'enfer », réagi Israël
Jeune avocate d'origine indienne dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, devenue juge et Haute-Commissaire aux droits de l'homme à l'ONU (2008-2014), Navi Pillay a l'art de traiter des dossiers difficiles. Sa carrière l'a menée des cours sud-africaines, où elle a défendu les activistes anti-apartheid et obtenu des droits cruciaux pour les prisonniers politiques, au Tribunal pénal international pour le Rwanda, en passant par la CPI.
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Elle a présidé la commission chargée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'enquêter sur les atteintes aux droits dans les territoires palestiniens et en Israël. Elle déplore d'avoir été qualifiée d'« antisémite » depuis et dénonce les appels sur les réseaux sociaux de ceux qui réclament que les États-Unis la sanctionnent, comme Washington l'a fait pour une rapporteure de l'ONU, des juges de la CPI et des ONG palestiniennes.
Ce vendredi en début d'après-midi, Israël a réagi vivement, en affirmant que le prix Nobel de la paix accordé à Navi Pillay légitimait « la haine et les préjugés anti-israéliens » et que l'ancien chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, devait « applaudir depuis l'enfer ». Plus tôt, le président du comité Nobel norvégien avait pourtant refusé de se prononcer sur la question de savoir si Israël commet un génocide à Gaza, comme l'a affirmé une commission présidée par la lauréate. « Nous ne sommes pas un tribunal. Il s'agit de son rapport, du rapport de la commission, et nous avons bien sûr une grande confiance dans son professionnalisme et son intégrité », a déclaré Jørgen Watne Frydnes.
« Je partagerai peut-être le prix avec Trump »
« Les juges, ceux qui protègent la fine ligne rouge entre l'ordre et le chaos, méritent amplement nos éloges. Mais aujourd'hui, alors que ces mêmes juges sont sanctionnés et que leurs institutions sont attaquées, nous avons besoin de personnes dotées de courage, de vision et de détermination, des qualités que Navi Pillay manifeste dans son travail au sein de la magistrature », a dit le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes.
« À une époque où l'ordre juridique international et l'État de droit sont confrontés à des défis considérables, cette reconnaissance revêt une signification particulière », a affirmé Tomoko Akane, la présidente de la Cour pénale internationale (CPI). Le Nobel de la paix à Navi Pillay témoigne « de la nécessité et de la valeur » des droits humains, a renchéri l'ONU, immédiatement après l'annonce.
Aujourd'hui, Navi Pillay est juge à la Cour internationale de justice dans l'affaire où le Birmanie est accusé de génocide. « Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump », s'est amusée Navi Pillay après avoir appris, sous les ovations, qu'elle avait remporté le prix Nobel de la paix.


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