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Entre magie de Noël et fin de mois difficile, les mères seules jonglent avec chaque euro pour préserver la fête pour leurs enfants.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 06:45 - Temps de lecture :
« Heureusement qu’on est invité au réveillon chez mon frère, car je suis déjà à découvert de 300 euros et je n’aurais pas pu préparer un repas de fête », confie Marlène, mère célibataire de deux enfants de 7 et 21 ans. Elle fait partie des treize femmes accompagnées par SOS Emmaüs qui se sont prêtées à l’étude de l’observatoire Emmaüs sur "Le Noël empêché des mamans solo" parue cette semaine. Pour ces familles aux ressources limitées, la période des fêtes avec ses dépenses supplémentaires constitue un vrai défi budgétaire. Car le revenu médian des familles monoparentales aidées par SOS Emmaüs est de 1 035 euros nets mensuels.
Auxiliaire de vie, Marlène ne peut travailler que 60 heures dans le mois. « Mon fils étant handicapé, je dois me rendre disponible pour l’accompagner à ses soins », explique-t-elle. Du coup, Marlène jongle avec un budget restreint : 900 euros nets de salaire, 650 euros d’allocation-chômage, 160 euros d’APL (aide personnalisée au logement), 200 euros de pension alimentaire.
« Avec toutes mes charges mensuelles, je ne m’en sors pas : 660 euros de loyer, 300 euros d’essence, 200 euros d’EDF, 100 euros d’eau, 100 de mutuelle, 100 euros de téléphone, 40 euros d’impôts… », énumère-t-elle. Au final, après les prélèvements du début du mois, il ne lui reste que quelques centaines d’euros pour vivre. Pas d’autre choix pour elle que de bénéficier du soutien d’Emmaüs. « J’ai droit à 54 euros par mois pour faire mes courses dans une épicerie solidaire », explique-t-elle.
Noël, entre joie familiale et inquiétude financière
Dans ce contexte, elle attend toujours Noël à la fois avec joie et appréhension. « C’est un moment sacré, mais je ne peux pas dépenser beaucoup », explique-t-elle. Comme les autres mères solos interrogées par l’observatoire Emmaüs, elle doit faire des arbitrages budgétaires, anticiper ses achats pour profiter des promotions et étaler les paiements des cadeaux : « En novembre, les jeux créatifs étaient à moins 50 % dans mon hypermarché, j’ai pu en acheter deux à mon fils. Ma fille voulait un iPhone, mais c’est trop cher. Donc je lui ai fait une commande de vêtements pour 50 euros. Elle comprend ma situation et m’a dit : “c’est déjà bien” », raconte-t-elle.
D’autres mamans interrogées pour l’étude expliquent opter pour le paiement de certains achats en quatre fois sans frais, privilégier le règlement par chèques quand elles savent qu’ils ne seront pas débités tout de suite. Une maman confie aussi ne pas avoir pu faire de cadeau à son aînée, pour en offrir un à ses plus jeunes enfants. Souvent, ces mères courage ne reçoivent rien elles-mêmes. Cette année pourtant, Marlène a eu une petite attention : « De l’eau micellaire et un baume à lèvres dans une petite trousse. » Un cadeau d’Emmaüs…


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