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Les drogues créées par la chimie visent des publics parfois très différents. Si les comprimés d’ecstasy vont surtout être consommés par des adultes, en milieu festif, c’est un public plus jeune qui est recherché pour les cannabinoïdes de synthèse.
A.P. - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :
Il y a de tout, dans les consommateurs de drogues de synthèse. Selon l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT), chargé de scruter les tendances sur le marché des stupéfiants, les usagers sont pour beaucoup « de jeunes adultes insérés socialement, qui évoluent dans les scènes festives techno (free parties, clubs, festivals) ». La consommation est donc avant tout « récréative », souvent associée à une ingestion d’autres produits comme l’alcool ou le cannabis. Au milieu de ces fêtes, un produit apparaît central : la MDMA, principe actif de l’ecstasy. Les premiers comprimés apparus dans les années 1990 ont perdu du terrain au profit de la poudre, avant de faire un retour en force.
Signe de son développement, l’expérimentation de MDMA s’est « fortement accrue entre 2017 et 2023 » chez les adultes, qui sont désormais 8,2 % à en avoir pris au moins une fois dans la vie. Cette drogue — que l’ex-sénateur Joël Guerriau est accusé d’avoir utilisé pour agresser sexuellement, par soumission chimique, la députée Sandrine Josso — tend toutefois à diminuer chez les jeunes, qui consomment moins de drogues de manière générale.
« Exacerber les sensations de plaisir »
L’autre tendance émergente de ces dernières années en matière de drogues de synthèse, ce sont les soirées “chemsex” dont le grand public a souvent entendu parler pour la première fois à l’occasion du procès de Pierre Palmade. La consommation se fait alors à plusieurs, au domicile d’un participant ou dans un logement loué pour l’occasion. On parle alors de produits comme le GHB/GBL, la kétamine ou la 2-MMC et 3-MMC. L’objectif est alors « d’exacerber les sensations de plaisir, d’annihiler les sensations de fatigue ». Là encore, de nombreuses catégories de population sont concernées. Bien qu’il s’agisse principalement d’hommes, les études de l’OFDT mettent en évidence « la grande disparité des profils des “chemsexers” en termes d’âge, de capital social, culturel et économique ». « Dans les régions lyonnaise et lilloise, les intervenants [sociaux et médicaux] insistent sur le jeune âge de certains participants, mineurs ou jeunes majeurs », alerte en outre l’observatoire.
Attention toutefois aux amalgames ou à la généralisation. « Beaucoup de substances sont consommées par des usagers très hétérogènes », rappelle l’OFDT. « Le milieu festif est souvent un prédicteur des tendances à venir, mais les substances connaissent ensuite une diffusion progressive auprès de publics plus larges ».
Malaises, hallucinations ou amnésies
Il convient aussi de séparer ces psychotropes des cannabinoïdes de synthèse. Ces derniers sont également des produits chimiques, mais ils visent un public plus jeune, principalement les mineurs et jeunes majeurs, à travers les cigarettes électroniques. Apparus à la fin des années 2010, ces cannabinoïdes reproduisent l’effet du cannabis, mais plus puissamment. Ils engendrent régulièrement des problèmes sanitaires qui se traduisent par des malaises, hallucinations ou amnésies pouvant amener à des hospitalisations. « Nombre de ces jeunes méconnaissent les risques d’effets indésirables » de ces substances, regrette l’OFDT, qui souligne la méconnaissance globale des usagers sur ces produits qu’ils achètent principalement via les réseaux sociaux.


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