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Professeurs absents, classes surchargées, manque de moyens… À Chelles, en Seine-et-Marne, une centaine d’élèves se sont rassemblés mardi devant le lycée Jehan pour dénoncer « des conditions d’apprentissage difficiles ».
La rédaction - Aujourd'hui à 18:55 | mis à jour aujourd'hui à 21:59 - Temps de lecture :
Pancartes à la main, devant le lycée Jehan, à Chelles (Seine-et-Marne), les élèves ne mâchent pas leurs mots. « La jeunesse emmerde l'Éducation nationale et surtout le RN », peut-on lire sur l'une d'elles, tandis qu'une autre proclame : « Jeunesse en colère, fini la misère. » Un ras-le-bol nourri par des conditions d’apprentissage qu’ils estiment s'être détériorées. « On est frustrés parce qu'on a essayé de parler, mais on ne nous laisse pas le droit à la parole », résume un lycéen.
Premier point de crispation : le manque d'enseignants. « Moi, par exemple, je me retrouve sans prof de physique-chimie cette année. Il y a un prof de droit-éco qui a mis déjà trois semaines à venir et à être remplacé. » Des absences qui touchent directement des matières à fort coefficient, essentielles pour la réussite au baccalauréat. Les emplois du temps en pâtissent également : certaines journées deviennent interminables sans pour autant être remplies. « On a, par exemple, des journées de 8 h à 17 h, mais avec cinq heures de trou à l'intérieur. »
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« On n'a plus le temps de manger »
Le groupe d’élèves dénonce aussi la surcharge des effectifs. « L'année dernière, il y avait cinq classes de terminale, cette année, il n'y en a plus que quatre, donc on est passé à 34 élèves dans une classe », explique un lycéen. « On est tous collés, les tables sont toutes collées, les salles sont petites. Il fait plus de 30 degrés dans les classes, c'est insupportable. » Dans certaines salles, assurent-ils, jusqu'à 37 élèves se partagent l'espace, obligeant parfois à emprunter des tables ailleurs.
La pression budgétaire se ressent jusque dans le quotidien extrascolaire. « À la cantine, ils ont arrêté le troisième service, on n'a plus le temps de manger », affirment plusieurs élèves, certains renonçant même à accéder au service de restauration, faute de temps pour faire la queue. L'établissement a également supprimé son atelier théâtre, son association sportive et jusqu'à la maison des lycéens.
Pour ces jeunes, le constat dépasse le cadre de leur seul établissement. « On n'en peut plus de notre situation, on n'en peut plus que la France privilégie certains lycées et que nous, on soit délaissés. Comme si on ne méritait pas de rêver d'un avenir meilleur », lance l'un d'eux. Un combat qu'ils résument simplement : « On veut garder l'éducation comme un droit accessible à tous, parce qu'en ce moment, on a plus l'impression que ça devient un privilège qu'autre chose. »


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