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  • Blocus des lycées : fin de Parcoursup, hausse des moyens… Que revendiquent vraiment ...

Les jeunes qui se mobilisent depuis plusieurs jours protestent aussi bien contre les files d’attente à la cantine que l’absence de chauffage ou de climatisation dans les établissements. La question du manque de moyens et de l’avenir semble toutefois dominer au sein du mouvement, qui s’est étendu rapidement via les réseaux sociaux.

Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :

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Attentes trop longues à la cantine, absence de climatisation ou de chauffage dans les établissements, demande de machines à café ou d’autorisation du port du voile, suppression de Parcoursup… Sur les pancartes brandies par les lycéens mobilisés depuis plusieurs jours s’affichent pléthore de revendications. La liste des griefs semble s’allonger avec le nombre d‘établissements impliqués - 1 027 lycées sur les 3 700 en France, selon le ministère de l'Intérieur jeudi soir.

Le mouvement, né au sein du lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne), a largement dépassé son spectre initial. Les élèves du lycée protestaient contre le manque de moyens et de personnels au sein de l’établissement. Ils ont ensuite été rejoints par d’autres lycéens d’Île-de-France, principalement dans l’académie de Créteil et de Versailles. « Le fait que le mouvement naisse des banlieues populaires tient souvent à des inégalités en termes d’équipements scolaires : leurs établissements sont aussi dans de moins bons états. Cela tient aussi dans l’intériorisation d’un sentiment d’injustice », analyse Valérie Becquet, sociologue à Cergy Paris Université et co-autrice du livre Géopolitique de la jeunesse, engagement et (dé)mobilisations (*).

Des bâtiments chauffés à la fin de Parcoursup

Les réseaux sociaux ont ensuite permis « un effet domino » : « aujourd’hui, on voit tout de manière plus claire et plus visible avec les réseaux sociaux, donc ça s’étend très vite », poursuit la chercheuse. Sur TikTok ou Instagram, difficile de retrouver l’origine du mouvement, tant les publications se multiplient ces derniers jours. Des affiches, générées par intelligence artificielle, appelant au blocus des lycées évoquent plusieurs requêtes, comme des classes moins chargées, une véritable prise en compte de la parole des lycéens, des bâtiments chauffés et entretenus. Une autre formule une demande plus loufoque, l’autorisation des chewing-gums en classe, quand une publication proteste contre « les profs qui font grève et qui ne préviennent pas ».

L’Union syndicale lycéenne, première organisation de la jeunesse à avoir appelé au blocage, évoque dans ses premiers communiqués des mobilisations pour les « droits » des lycéens et « contre l’austérité budgétaire ». Le mouvement évoque « un manque de professeurs et de personnels », des « lycées délabrés » et des « emplois du temps et classes surchargés » mais aussi « le stress engendré par Parcoursup ». D’autres tracts font référence à la récente loi dite « permis de tuer ». L’Union étudiante, qui a rejoint le mouvement depuis peu, a ajouté l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, la sélection sociale imposée par Parcoursup et MonMaster ainsi que le gel des APL prévu dans le budget 2027. « Une réelle politique écologique » et la fin des coupes aux associations figurent également parmi les revendications affichées du Mouvement national lycéen, qui a aussi apporté son soutien au mouvement.

« Beaucoup d’incertitudes »

« Les revendications tournent autour de deux questions : les conditions d’étude, de vie au sein de l’établissement, et l’avenir, la sélection », observe Valérie Becquet. Pour la sociologue, cette grande diversité de revendications peut s’expliquer par le contexte actuel. « Il y a beaucoup d’incertitudes, on parle de polycrises, on ne sait plus très bien qui a la main sur quoi. Il y a tout plein de crises qui surviennent en ce moment, ça crée un présent plutôt anxiogène, avec de l’incertitude sur où on va et sur son rapport à l’avenir », estime-t-elle.

Reste à savoir si malgré cette grande diversité de revendications, le mouvement parviendra à se faire entendre. Une première réponse devrait être donnée ce vendredi : le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray doit rencontrer les associations étudiantes et de parents d’élèves, les élus du Conseil national de la vie lycéenne ainsi que les organisations syndicales représentatives des personnels.

Le budget 2027, nouvelle source de crispation ?

« Le gouvernement ne fait pas d’économies sur la jeunesse. On investit pour leur avenir », s’est défendu jeudi le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray dans un entretien à l’AFP à l’occasion de la présentation du budget 2027. Le budget de l’enseignement scolaire est l’un des rares à augmenter, d’1,2 milliard d’euros supplémentaires, dans le projet du gouvernement. Il prévoit la création de 1 300 postes d’AESH, de 200 postes de CPE et d’une centaine chacun de postes de psychologues, d’assistants sociaux et d’infirmiers. Le nombre de postes enseignants supprimés a été limité à 1 588, quand la baisse démographique aurait pu en prévoir 9 600. Suffisant pour calmer la mobilisation ? Dans la soirée de jeudi, Édouard Geffray a annoncé que le gouvernement renonçait finalement à faire payer des frais d'inscription aux étudiants entrants en classe prépa et en BTS. Le budget de l’enseignement supérieur, qui s’annonce aussi tendu, doit encore être présenté ce vendredi.

(*) Géopolitique de la jeunesse. Engagement et (dé)mobilisations, de Valérie Becquet et Paolo Stuppia, Le Cavalier Bleu.

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