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Slafkovsky brille au moment où Suzuki et Caufield sont un peu éteints

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Le mois de décembre 2025 pourrait s’avérer significatif dans la carrière de Juraj Slafkovsky.

Ce n’est pas juste le fait qu’il a connu son cinquième match d’au moins deux points en décembre dans une défaite de 5-4 en tirs de barrage face au Lightning de Tampa Bay. Slafkovsky a égalé du même coup ses soirées prolifiques de mars dernier quand il avait également eu cinq matchs de plus d’un point.

C’est aussi que cette émergence coïncide avec une période où le trio de Nick Suzuki connaît des difficultés à 5 contre 5. Les matchs frustrants ont été fréquents pour le duo Suzuki-Caufield au cours des dernières semaines, et il est de plus en plus évident que l’apport du grand Slovaque sur leur unité, même s’il ne se traduisait pas toujours par des points, aidait énormément les deux autres à travailler dans leurs forces.

Le trio de Yanni Gourde a causé toutes sortes d’ennuis à celui de Suzuki, et le premier trio du Canadien n’a pas encore trouvé le moyen d’être constamment efficace sans Slafkovsky pour le compléter.

Je pense qu’il va y avoir de moins en moins d’espace à mesure que la saison avance, a dit Martin St-Louis après le match aux journalistes qui étaient présents à Tampa.

Le classement est si serré, on joue ces matchs-là comme des matchs de séries. Je crois qu’ils doivent faire du meilleur travail à jouer en espaces restreints et à gagner leurs batailles. Une fois qu’ils jouent dans les espaces libres, ils sont élites, sauf qu’ils doivent créer plus de ces occasions-là, et ça ne doit pas venir d’un seul gars.

C’est tout le trio qui peut faire du meilleur boulot pour garder leurs attaques en vie et gagner des batailles qui leurs permettront de prolonger la possession de la rondelle en zone offensive.

Il a beaucoup été question de l’apport irrégulier de Zachary Bolduc sur ce trio, et il serait facile d’y voir une pointe à son endroit quand St-Louis a choisi de le remplacer par Alexandre Texier en troisième période. On verra si cela continue à Sunrise, mardi.

Mais comme le rappelle St-Louis, c’est la responsabilité du trio au complet. Et c’est peut-être à la lumière des récents ennuis de Suzuki et de Caufield que nous pouvons mieux apprécier le travail que faisait Slafkovsky pour remporter ces batailles, pour prolonger le temps d’attaque en zone offensive, et pour mettre son gabarit imposant à profit afin de faire de l’espace pour ses coéquipiers.

Slafkovsky diminuait la nécessité chez Suzuki et Caufield de s’imposer dans cette facette du jeu.

Certes, malgré ses ennuis, le trio du capitaine a eu une présence efficace en troisième période qui a mené au but de Noah Dobson. Mais la bande à Slafkovsky a été hors de tout doute le meilleur trio face au Lightning.

Encore une mauvaise deuxième période

C’est un classique du hockey : si vous ne profitez pas de vos occasions pendant que vous dominez l’adversaire, il est fort possible qu’à la période suivante, il vous fasse payer votre manque d’opportunisme.

C’est en plein le piège dans lequel est tombé le Canadien, dimanche.

St-Louis avait exprimé le vœu que son équipe ne prenne pas de temps à retrouver son rythme après la pause de Noël et quatre jours sans jouer. Son appel a été entendu. Le Canadien a dominé le premier tiers de bout en bout, surclassant le Lightning 24-7 au chapitre des tentatives de tir.

Or, le Lightning avait disputé la veille face aux Panthers de la Floride un match où il avait laissé beaucoup d’énergie et d’émotion. Le fait que le Canadien n’ait converti aucune de ses trois supériorités numériques en première période et qu’il n’ait pas déjoué le gardien Jonas Johansson a eu pour effet d’inviter Tampa à entrer dans la rencontre par la suite.

Arrêtez-nous si cela vous dit quelque chose, mais la deuxième période n’a pas été jolie du tout pour le CH, qui a cessé de faire tout ce qu’il faisait bien en première. C’est vrai que deux des trois buts du Lightning sont survenus à la suite de rebonds qui lui ont été favorables, mais le Canadien a quand même multiplié les revirements, en plus d’arrêter de pénétrer l’enclave. 

Quand on donne d’un côté et qu’on cesse de prendre de l’autre, les malheurs ne sont jamais loin.

Le CH a travaillé d’arrache-pied pour revenir dans le match et aller chercher un point, et c’est probablement ce qu’il choisira de retenir de cet affrontement, mais cela ne fera pas complètement oublier une deuxième période qui lui a encore joué des tours.

Rédemption

Il est pertinent de noter ici que le but qui a semblé l’ébranler le plus – le deuxième de la soirée de Nikita Kucherov – est survenu à la suite d’un revirement fâcheux de… Slafkovsky.

Ce dernier a tenté d’envoyer une rondelle profondément en zone ennemie au profit de Josh Anderson, mais le disque a dévié sur le patin du juge de lignes, puis est reparti en direction inverse.

Une malchance, vraiment, de laquelle St-Louis a davantage retenu le repli aléatoire de Slafkovsky qui s’en est suivi que ses intentions au moment de tirer la rondelle vers la bande.

Or, la façon dont Slafkovsky s’est par la suite repris est digne de mention, car elle en dit beaucoup sur le joueur qu’il est en train de devenir.

En retard 3-0 en début de troisième période, le Canadien a explosé pour quatre buts dans le dernier tiers, dont trois ont été réussis avec la participation de Slafkovsky.

Aux côtés des recrues Ivan Demidov et Oliver Kapanen, son unité avait été dangereuse dès le début de la rencontre. Elle avait donné le ton à une exécution rapide et avait rendu la tâche difficile pour le Lightning de sortir de sa zone.

Mais Demidov aussi a vécu une malchance en deuxième période quand son bâton fracassé a été à l’origine du premier but de Kucherov. Ils étaient donc deux à vouloir désespérément se reprendre.

Après deux salves offensives sur la même présence qui s’est conclue par un but de Demidov, en début de troisième période, et après une autre présence où Kapanen a pu décocher un lancer de qualité, Slafkovsky s’est imposé lorsque ça commençait à sentir un peu le roussi en milieu de troisième. 

Le Lightning avait repris une avance de trois buts et le Tricolore menaçait de courber l’échine.

Lors d’une autre entrée de zone déterminée et bien réussie, Kapanen s’est retourné pour passer à Slafkovsky, qui avait réclamé la rondelle avec son bâton avant même d’entrer en zone adverse.

Slafkovsky a vu un couloir s’ouvrir devant lui, il a fait quelques enjambées avec le disque, puis son tir a déjoué Johansson pour replacer le Canadien dans le match.

Le Slovaque s’est toujours perçu comme un joueur capable de prendre les choses en main et de changer l’allure d’un match. L’assurance qu’il a affichée sur ce but est une parfaite expression de l’image qu’il souhaite projeter.

Et bien sûr, lorsqu’on récidive en marquant le but égalisateur avec quatre secondes à faire dans un match, cela ne fait que souligner la même idée à gros traits!

Un hockeyeur tente un lancer du revers lorsqu'il est contré par un adversaire.

Phillip Danault

Photo : Getty Images / Mike Carlson

En bref

Est-ce le congé de Noël ou bien les trop rares entraînements au mois de décembre?

Toujours est-il que l’avantage numérique a manqué beaucoup de synchronisme face à l’embêtante unité d’infériorité du Lightning. Plus le match avançait, plus l’attaque à cinq se dégonflait. Peut-être que le fait que la première unité passe par Suzuki et Caufield, et que ceux-ci ne filent pas leur meilleur coton a aussi quelque chose à voir là-dedans.


Il y a des soirs où certains se demandent si 9,5 M$ n’est pas un peu cher payé pour Noah Dobson, mais le grand droitier a fait étalage de son talent, dimanche. Dobson a le don d’exécuter des jeux difficiles qui chez lui paraissent tout simples, et il a beaucoup de flair pour identifier le bon moment pour aller appuyer l’attaque. On a vu ces deux traits à plusieurs reprises face au Lightning.


On commence à avoir une idée plus claire de la façon dont Martin St-Louis entend utiliser Phillip Danault. À forces égales, il comble l’absence de Jake Evans sur le trio d’Anderson et Texier, et il suppléera aux tâches défensives d’Evans pour les quatre à six prochaines semaines.

On constate également que Danault pourrait devenir l’homme de confiance de St-Louis aux mise en jeu, un peu comme l’était Christian Dvorak par le passé. L’entraîneur-chef a fait déplacer du côté gauche la dernière mise en jeu de la troisième période afin d’envoyer Danault dans les meilleures conditions possibles pour la remporter. C’est ce qui a mené au but de Slafkovsky dans les dernières secondes. Danault a ensuite amorcé la prolongation, le temps d’assurer la possession à son équipe avant de regagner le banc. Le Québécois a remporté 13 de ses 18 mises en jeu (72 %).


Le Canadien a essentiellement évolué à quatre défenseurs en troisième période.

Jayden Struble n’a eu que deux présences sur la glace et Arber Xhekaj n’en a eu qu’une seule. Cela dit, si St-Louis choisit de garder la même formation mardi face aux gros Panthers, ce sera un peu fâcheux pour le jeune Adam Engström, qui a besoin de jouer des matchs. Mais avec trois rencontres en quatre soirs après qu’il soit sorti de Floride, le Canadien n’aura pas le luxe de garder seulement six défenseurs dans sa formation.

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