Il est tentant, avec la multiplication des vagues de chaleur et canicules, de s'équiper pour « tenir » dans son logement. Climatiseurs, ventilateurs et autres rafraîchisseurs ont le vent en poupe... mais pour des prix et des coûts d'usage très disparates. Explications.

Joël Carassio - Aujourd'hui à 12:59 | mis à jour aujourd'hui à 14:08 - Temps de lecture :

La climatisation est nettement plus efficace pour rafraîchir une pièce en pleine canicule... mais aussi beaucoup plus coûteuse. Photos d'illustration Sipa/Sel Ahmet La climatisation est nettement plus efficace pour rafraîchir une pièce en pleine canicule... mais aussi beaucoup plus coûteuse. Photos d'illustration Sipa/Sel Ahmet

Les deux épisodes caniculaires de mai et juin, survenus avant même le début de l'été, vous ont convaincu : vous avez craqué pour un appareil de climatisation. Et vous avez déboursé entre quelques centaines et plusieurs milliers d'euros, selon le système choisi.

Mais ce n'est pas fini ! Après l'investissement, il va vous falloir financer la consomamtion de cet équipement. De nombreux critères entrent en jeu : la puissance de l'appareil (en kW), sa classe énergétique (de A à G - depuis 2021, les étiquettes A+++, A++ et A+ ont été remplacées par A, B et C, les autres étant décalées également), la technologie utilisée (avec ou sans pompe à chaleur réversible, etc), l'isolation de votre logement, son volume.... Et, bien sûr, la température extérieure, la température intérieure, la durée d'utilisation, et enfin votre contrat d'électricité. Avec autant de variables, les chiffres donnés ici ne pourront être que des ordres de grandeur, qui vous permettront tout de même d'estimer votre facture réelle.

Climatiseur : 30 à plus de 150 euros par mois

Votre climatiseur sera soit mobile monobloc, soit monobloc split, soit fixe split. En général, les premiers, qui sont plutôt des appareils « d'appoint », consomment plus que les derniers pour obtenir le même résultat. La plupart des modèles affichent une consommation de 2 000 à 3 500 watts, mais cela peut descendre jusqu'à 900 watts (pour refroidir une petite pièce), et dépasser 5 000. Enfin, les appareils dotés d'une pompe à chaleur seront, logiquement, plus économes - en particulier les appareils réversibles (qui chauffent l'hiver) avec une pompe à chaleur air-air. La puissance maximale de l'engin ne sera pas systématiquement utilisée : dès la pièce suffisamment rafraîchie, la consommation de l'appareil servira surtout à maintenir cette température, un peu comme un frigo de 200 watts ne consomme pas 200 watts en permanence.

Avec notre simulateur ci-dessous, vous pouvez estimer le coût maximal quotidien (basé sur la puissance affichée) que vous coûtera votre appareil selon votre tarif d'électricité et le nombre d'heures d'utilisation :

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Au tarif réglementé et avec un climatiseur moyen, une heure de climatisation vous coûtera généralement 20 à 30 centimes d'euros. Soit un à cinq euros par jour selon votre durée d'utilisation. L'association Que Choisir Ensemble propose le mode de calcul suivant pour bien choisir l'appareil le mieux adapté à votre logement, ou à la pièce que vous souhaitez rafraîchir, sachant « qu'un climatiseur sous-dimensionné fonctionnera en surrégime et consommera plus, pour une efficacité moyenne » : il faut donc compter 100 W (0,1 kW) par m² ou 45 W (0,045 kW) par m3, en ajoutant 300 W par fenêtre ». Ainsi, « pour une pièce de 20 m² avec 2,50 m de hauteur sous plafond (soit 50 m3) et une fenêtre, la puissance minimale recommandée est de 2550 W (20×2,5×45+300). ». À noter que « la puissance est parfois indiquée en BTU (British Thermal Unit) », qui équivaut à environ 0,3 W.

En clair, avec un climatiseur utilisé la moitié de la journée, anticipez une dépense de quelques dizaines à plus d'une centaine d'euros par mois. La facture réelle dépendra surtout de la taille de votre logement ou des pièces rafraîchies !

Ventilateur ou rafraîchisseur : deux à sept euros par mois

Si votre logement ne « chauffe » pas trop, vous pouvez opter pour un simple appareil de ventilation. À la clé, un calcul beaucoup plus simple et surtout une facture nettement moins onéreuse. Et pour cause : la température de la pièce ne baissera pas du moindre dixième de degré... mais l'appareil vous procurera une sensation de fraîcheur en facilitant l’évaporation de la transpiration, à condition d'être en face de l'appareil. Attention : comme le rappelle l'Assurance maladie il vaut mieux utiliser un ventilateur que s’il fait moins de 32 °C : au-delà, l’air brassé est chaud, ce qui augmente la sensation d’inconfort ». Cela peut même se révéler contre-productif au-dessus de 35°C, selon l'OMS

Côté tarifs, il faut compter 15 à 20 euros pour les appareils les moins coûteux, jusqu'à 200 pour les plus chers. Mais c'est surtout sur la consommation que l'avantage est palpable : avec une puissance, généralement, de 25 à 100 watts, la facture d'utilisation ne dépassera pas un à dix centimes par heure. Soit un maximum de sept euros par mois en laissant tourner un appareil de 50 watts... 24 heures sur 24 ! Et donc deux à trois euros d'électricité chaque mois avec un usage plus raisonnable. 

Entre climatiseur et ventilateur, il existe aussi des « rafraîchisseurs » d'air, parfois abusivement présentés comme des « climatiseurs sans tuyau ». Et pour cause : ce ne sont pas des climatiseurs, mais des ventilateurs « avancés », qui agissent en aspirant l'air chaud pour le projeter sur un tampon humidifié en permanence grâce à la présence d'un réservoir d'eau (à remplir régulièrement, donc). L’air refroidi est ensuite rejeté dans la pièce. Mais l'humidité aussi, et le refroidissement ne dépasse pas deux à trois degrés. Côté consommation électrique, on est sur les mêmes ordres de grandeur qu'un ventilateur - soit quelques euros par mois, maximum.

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