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Divers rapports sur le budget de l'État ont montré qu'il y avait un problème de recettes. Faut-il y voir l'effet de mécanismes comme les flexi-jobs, les sociétés de management ou l'extension du travail étudiant ?
Ce qu'on ne dit pas, c'est de combien les dépenses ont augmenté. Les recettes, c'est vrai, diminuent en pourcentage du produit intérieur brut (PIB). Le problème, c'est que, entre-temps, les dépenses continuent à augmenter. Le dernier rapport du Comité de monitoring montre que ce sont les dépenses sociales qui explosent.
Dans les dépenses sociales, ce sont surtout les dépenses de santé qui augmentent le plus à long terme, selon le Comité d'étude du vieillissement. Mais il y a des raisons objectives à cela, comme le vieillissement de la population et l'augmentation des maladies chroniques.
Ce qui m'étonne, c'est qu'on réforme les pensions à juste titre – et il faudra encore aller plus loin – mais qu'on ne réforme pas les soins de santé, alors qu'on va droit dans le mur. Bien sûr qu'il y a des raisons objectives à l'augmentation des dépenses, mais cela ne justifie pas qu'on n'ait pas réformé. Le FMI (Fonds monétaire international) dit que les soins de santé en Belgique sont 20 à 30 % plus chers que dans la moyenne des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), qui ont la même qualité de soins et de services. Pourquoi ? Parce qu'il y a une surconsommation d'examens et de médicaments, parce qu'on a trop d'hôpitaux dispersés. En plus, on a cette norme de croissance du budget des soins de santé qui vient s'ajouter à l'indexation. Les gens qui ont inventé ce mécanisme ont fait croire qu'il devait permettre de faire face au vieillissement. Mais si c'était le cas, on ne retrouverait la norme que dans certains secteurs, comme la gériatrie ou l'oncologie. Or elle est aussi distribuée en ophtalmologie, en pédiatrie, en psychiatrie juvénile… Elle est répartie partout. La norme de croissance a donné une manne d'argent à Frank Vandenbroucke (ministre de la Santé, Vooruit) pour faire de la médecine gratuite via des remboursements de soins de plus en plus importants.
Il faut réduire l'accès au statut Bim, aller plus loin dans la réforme du paysage hospitalier, s'attaquer à la surconsommation de soins, augmenter le ticket modérateur...
Le remboursement de médicaments et examens a pourtant été réduit.
Il a fait des choix. Il a aussi élargi d'autres remboursements, sur les lunettes par exemple. J'ai un problème avec cette idée de médecine gratuite. Quand on va chez le généraliste, on paie 4 euros, et le Bim (bénéficiaire de l'intervention majorée) 1 euro. Ces montants n'ont plus été indexés depuis vingt ans. Est-ce qu'on trouve ça normal ? On a 2,5 millions de Bim. Quand vous avez 20 % de la population qui est Bim alors que 11 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, c'est qu'il y a un problème. La médecine gratuite, c'est très bien, mais il y a toujours quelqu'un qui paie. C'est la classe moyenne qui paie, ce sont nos impôts.
Que proposez-vous ?
Il faut réduire l'accès au statut Bim. Il faut aller plus loin dans la réforme du paysage hospitalier. Il faut s'attaquer à la surconsommation de soins. Anders plaide pour augmenter le ticket modérateur (la part que paie le patient pour ses soins, NdlR). Pour une visite chez le généraliste, il passerait de 4 à 10 euros, et de 1 à 5 euros pour les Bim. Cela reste raisonnable, mais ça représente une économie gigantesque. Et puis, cela conscientise les gens, pour qu'ils réfléchissent à deux fois avant d'aller chez le médecin.
Tensions dans l'Arizona autour des économies à réaliser dans les soins de santéLes gens ne vont quand même pas chez le médecin pour le plaisir ?
Des généralistes vont diront que des tas de gens viennent chez eux parce qu'ils ont besoin de parler à quelqu'un. D'autres vont parfois voir trois ou quatre spécialistes pour le même problème et sont systématiquement remboursés.
Les mutualités défendent un statut Bim élargi et un ticket modérateur bas pour éviter, disent-elles, le report des soins des patients en situation de précarité.
Il faut se poser les bonnes questions. Les soins dentaires sont gratuits pour les enfants. Mais des dentistes me disaient que, malgré la gratuité, ils voient peu d'enfants des milieux précaires. Ce qu'il faut faire, c'est de l'éducation en matière de santé.
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