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ENTRETIEN - Exilée à Londres depuis 2009, l’avocate iranienne estime que c’est la seule manière de mettre fin au règne de la terreur. Bouleversée par le récent bain de sang perpétré par la République islamique pour mater la contestation, elle regrette ouvertement d’avoir participé à la révolution contre le chah d’Iran en 1979.
Passer la publicitéLE FIGARO. - Alors que les communications avec l’Iran sont très partiellement rétablies, après dix jours de black-out, avez-vous des nouvelles de vos proches ?
Shirin EBADI. - Ils ont enfin pu me contacter, mais très brièvement. Seuls les appels d’Iran depuis des lignes fixes vers l’étranger refonctionnent. Ils ont juste eu le temps de me dire qu’ils n’étaient pas blessés. Mais ils vont très mal, comme tous les Iraniens…
L’Iran n’en est pas à sa première manifestation. Cette fois-ci, la contestation est partie du bazar de Téhéran et s’est vite muée en révolte contre le régime. Vous attendiez-vous à une mobilisation aussi massive ?
Je n’ai jamais cessé de le répéter : l’Iran est un volcan en ébullition. La grève du bazar de Téhéran est l’étincelle qui a déclenché l’incendie pour finir par embraser plus de 113 villes. Par le passé, chaque mouvement a eu son propre déclencheur : la fraude électorale en 2009, l’augmentation du prix de l’essence en 2019, la mort de Mahsa Amini


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