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Le Canadien de Montréal (CH) surfe actuellement sur sa première séquence de cinq victoires de la saison.
Il avait aligné quatre gains en début de calendrier, et il lui est arrivé ensuite à cinq reprises de remporter trois victoires consécutives. À l’inverse, une seule fois a-t-il passé trois matchs de suite sans récolter un seul point.
La présente séquence n’est peut-être pas sa plus dominante de la saison, d'un point de vue du contrôle du jeu ou encore du partage des occasions de marquer. Par contre, ses succès d’ensemble en mars devraient l’avoir aidé à confirmer au cours des prochains jours sa place en séries.
Nous avons identifié sept thèmes statistiques qui contribuent à expliquer l’élan que le Canadien s’est donné dernièrement.
Le brio de Dobes
Ce n’est guère une surprise que le gardien Jakub Dobes ait été nommé la première étoile de la semaine dans la Ligue nationale de hockey (LNH).
Il est la raison première pour laquelle le Canadien a réussi à remporter des matchs extrêmement difficiles contre les Hurricanes de la Caroline (à deux reprises), de même que contre les Blue Jackets, à Columbus.
À ses 8 derniers matchs, soit depuis la date limite des échanges, Dobes affiche le 2e taux d’efficacité du circuit Bettman (,937) parmi tous les gardiens qui ont pris part à au moins trois matchs.
Selon Natural Stat Trick, le gardien tchèque a également sauvé 9,31 buts au-delà de ce qui était attendu durant cette période, ce qui le place au 2e rang de la ligue à ce chapitre, derrière Joel Hofer, des Blues de Saint Louis.
Compte tenu du fait que le Canadien a continué dans le dernier quart des équipes en matière d'occasions dangereuses accordées et de buts attendus contre, il va de soi que le gardien a eu son grand mot à dire dans les récents succès.
De l’amélioration en infériorité
Dobes s’est également illustré en infériorité numérique pour redonner un peu de tonus à cette unité spéciale. Il s’agit quand même d’un travail collectif.
À ses 12 derniers matchs – les 8 derniers de Dobes et les 4 départs dont a hérité Jacob Fowler –, le Canadien a eu un taux d’efficacité de 78,6 % en désavantage. Ce n’est pas le Pérou, mais ça lui vaut le 16e rang de la ligue depuis le 7 mars. Avant cela, l’équipe roulait à 76,3 %, ce qui reléguait le Canadien au 28e rang. Ça joue serré, n’est-ce pas?
Sur le plan collectif, le changement se vérifie par le truchement des buts attendus. Il en a donné 7,09 par 60 minutes d’infériorité au cours des 12 derniers matchs, ce qui constitue le 5e rendement du circuit durant cette séquence. Auparavant, il donnait 9,99 buts attendus par 60 minutes d’infériorité. Là aussi, il glissait au 28e rang de la ligue. Tiens donc.
Donc, on accorde moins d'occasions, on ouvre moins la porte qu’avant. Résultat : ça donne une chance au gardien.
Avant le 7 mars, le taux d’efficacité de Dobes en désavantage numérique s’établissait à ,818. Il avait des difficultés, et l’équipe coulait avec lui, tandis qu’à ses huit derniers matchs, son taux d’arrêts se hisse à ,893, ce qui est excellent pour le désavantage numérique.
Fowler a donné plus de buts que ce qui était attendu, et son taux d’efficacité est à un maigre ,786 à ses 4 derniers matchs. Le Canadien souhaitera qu’il retrouve, à court d’un homme, le niveau d’efficacité qu’il avait lors de son premier rappel. Mais, en fin de compte, il préférera sûrement le rendement actuel, car c’est toute l’équipe qui est plus étanche.

Nick Suzuki et ses compagnons de trio sont au cœur d'une saison très prolifique.
Photo : Associated Press / Karl B DeBlaker
Les trios de 100 buts
Juraj Slafkovsky a certes passé du temps aux côtés d’Oliver Kapanen et d'Ivan Demidov cette saison-ci, mais l’unité qu’il forme avec Nick Suzuki et Cole Caufield se classe quand même au 7e rang des trios les plus souvent constitués en 2025-2026 dans la NH, selon Moneypuck.
En tenant compte des compagnons de trio les plus fréquents de chaque joueur, nous avons donc regardé quelles combinaisons étaient les plus productives à travers la ligue.
À la suite du match de dimanche en Caroline, Slafkovsky, Suzuki et Caufield combinent désormais 100 buts. Un seul trio, soit celui que forment Nathan MacKinnon, Martin Necas et Artturi Lehkonen, au Colorado, a marqué plus de buts qu’eux. Avant les matchs de lundi, ils en avaient un de plus.
Les trios les plus productifs cette saison
- Artturi Lehkonen – Nathan MacKinnon – Martin Necas (COL) : 101 buts
- Cole Caufield – Nick Suzuki – Juraj Slafkovsky (MTL) : 100 buts
- Jason Robertson – Wyatt Johnston – Mavrik Bourque (DAL) : 96 buts
- Kyle Connor – Mark Scheifele – Gabriel Vilardi (WIN) : 95 buts
- Brandon Hagel – Anthony Cirelli – Nikita Kucherov (TB) : 95 buts
- Zach Hyman – Connor McDavid – Ryan Nugent-Hopkins (EDM) : 91 buts
- Seth Jarvis – Sebastian Aho – Andrei Svechnikov (CAR) : 91 buts
Suzuki au septième ciel
Nick Suzuki s’est réveillé lundi matin au 7e rang des pointeurs de la LNH. Ça fait un bail qu’on avait vu un joueur du Canadien pointer aussi haut dans ce classement.
On sait que Suzuki est en quête de sa première saison de 100 points, ce qu’aucun joueur du CH n’a fait depuis Mats Naslund en 1985-1986. Cette saison-là, les 110 points du petit Viking lui avaient valu le 8e échelon des pointeurs.
Si le capitaine parvient à maintenir son 7e rang, ou même à l’améliorer, il deviendra le premier joueur du Canadien à se classer aussi bien depuis que Guy Lafleur a terminé 3e pointeur de la LNH en 1979-1980, avec ses 125 points.
Profitons-en pour souligner qu’en date de lundi, Suzuki était 5e dans la ligue pour le nombre de mentions d’aide primaires, c’est-à-dire les passes qui ont directement mené à des buts. On vous dit ça parce que les huit premiers pointeurs de la LNH s’avèrent également les huit premiers concernant les mentions d’aide primaires. Intéressante corrélation.
Une unité opportuniste
L’attaque à cinq du Canadien, qui est 5e de la LNH avec un taux de conversion de 24,5 %, est particulièrement opportuniste par rapport à ce qu’on a vu d’elle dans le passé.
Son prochain but sera son 52e de la saison, ce qui lui permettra d’égaliser son total de la saison 2017-2018. Deux buts de plus et il s’agira de sa production la plus faste en 14 saisons, soit depuis que le CH avait inscrit 2 saisons consécutives de 58 buts en supériorité numérique, d'abord en 2009-2010, puis en 2010-2011.
Il n’est pas dit qu’avec quelques matchs particulièrement productifs, il n’arrivera pas à rejoindre ces deux marques.
Ce qui est étonnant, par contre, c’est que le Canadien pourrait y arriver en ayant obtenu moins d’occasions de supériorité que par le passé.
Au rythme où il génère des jeux de puissance, le Canadien pourrait en effet terminer le calendrier avec seulement 233 supériorités numériques. Il en a eu 208 depuis le début de la saison. Si l’on ne tient compte que des saisons de 82 matchs, terminer à 233 constituerait son plus bas total des 15 dernières années, exception faite des 229 supériorités de la campagne 2016-2017.
Il est vrai que, règle générale, les équipes profitent de moins d’avantages numériques que par le passé.
Par exemple, quand le Canadien avait marqué 58 buts en 2009-2010, il l’avait fait en 261 supériorités numériques, un nombre qu’il n’a aucune chance d’atteindre cette saison. Mais à l’époque, aucune équipe n’avait eu moins d’attaques à cinq dans sa saison que le CH! Tandis que cette année, ses 208 supériorités actuelles n’ont rien de mirobolantes, mais lui valent quand même le 22e rang de la ligue.
Il y a encore des gains à faire au niveau des punitions qu’on peut provoquer chez l’adversaire, et aussi de la quantité de lancers qu’on décoche en supériorité numérique (le Canadien est 30e de la ligue à 47,61 tirs/60), mais personne ne se plaindra que les hommes de Martin St-Louis profitent de leurs occasions et qu’ils se tiennent dans le peloton de tête de la ligue.

Lane Hutson a obtenu 42 de ses 73 points à l'étranger.
Photo : Associated Press / Kyusung Gong
Kerouac aurait approuvé
Jack Kerouac a jadis écrit le roman Sur la route, mais aux dernières nouvelles, il ne traitait pas des secrets pour une saison de hockey fructueuse.
On notera néanmoins que le Canadien a seulement huit défaites en temps réglementaire sur la route cette saison, ce qui constitue le plus bas total parmi toutes les équipes de l’Est. Sa capacité à engranger des points, même au moyen de défaites en prolongation, s’est avérée particulièrement payante tout au long de la saison.
Seule l’Avalanche du Colorado a moins de revers en temps réglementaire sur les patinoires adverses (7).
À la régulière
Le Canadien a été dans le portrait des séries durant pas mal toute la saison. Or, pendant longtemps, son talon d’Achille était son petit nombre de victoires décrochées en temps réglementaire. Si sa présence en séries ou encore l’avantage de la patinoire devait se décider par bris d’égalité, les victoires en temps réglementaire ne l’aidaient pas.
Si l’on remonte au 28 janvier, le Canadien n’affichait alors que 18 victoires à la régulière, ce qui constituait le plus bas total parmi toutes les équipes classées en vue des séries. Trois équipes à l’extérieur du portrait des séries en avaient plus que lui.
Le Canadien a toutefois remporté 12 de ses 13 dernières victoires à la régulière, ce qui lui a permis de se prémunir contre les mauvaises surprises. Il est désormais ex æquo au 4e rang dans l'Est pour le plus de victoires en temps réglementaire.
C’est une bonne affaire qu’il y ait vu.


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