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Ousmane Sonko limogé, un gouvernement dissous, un « Alhamdoulillah » posté dans la foulée. Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye a mis fin à l’expérience politique la plus fragile qu’ait connue l’Afrique de l’Ouest ces dernières années. Pas une surprise. Une conclusion logique pour un pouvoir bicéphale construit sur un slogan érigé en doctrine de gouvernance, et qui n’avait aucune chance de tenir.
Faye, le souverain qui a cédé l’espace puis voulu le récupérer
Rappelons d’abord ce que personne ne conteste. Faye a été élu en avril 2024. C’est lui qui a nommé Sonko Premier ministre. C’est lui qui a laissé prospérer, pendant plus d’un an, une ambiguïté exécutive dont il était pourtant le seul responsable constitutionnel.
Ce n’est pas une erreur de circonstance.
L’histoire africaine a déjà produit ce scénario, presque mot pour mot. En 1982, Ahmadou Ahidjo propulse Paul Biya à la présidence camerounaise, convaincu de conserver le réel pouvoir depuis l’arrière. Moins d’un an plus tard, Ahidjo est en exil. La mécanique est toujours identique : celui qui installe finit par être écarté. Faye a failli reproduire cette posture. Il a choisi, tardivement, de rompre la dynamique.
Mais la faute reste là. Le souverain qui cède l’espace régalien, puis s’étonne qu’on s’y soit installé confortablement, porte une responsabilité entière. Personne d’autre.
Sonko, le tribun qui n’a jamais voulu être chef de gouvernement
La responsabilité de Sonko est différente, mais pas moindre. Il a accepté Matignon sans jamais vraiment changer de posture. Tribun de rue, leader de parti, candidat perpétuel plutôt que chef d’un exécutif gérant une dette qui frôlait, selon certaines estimations, environ 130 % du PIB. Ce ratio exigeait de la rigueur, des arbitrages assumés, une discrétion que Sonko n’a pas jugé utile d’adopter.
Son « Alhamdoulillah » posté quelques minutes après l’annonce dit tout. Soulagé. Libéré du bilan. Libre de redevenir ce qu’il n’avait jamais cessé d’être.
Et c’est là que le vrai danger commence. Le parti de Sonko contrôle l’Assemblée nationale. Le prochain Premier ministre nommé par Faye gouvernera face à un Parlement acquis à son prédécesseur. On ne sait pas encore si Faye a anticipé ce blocage institutionnel, ou s’il en mesure vraiment l’ampleur.
Le Sénégal n’entre pas dans une période de clarification. Il entre dans une période de friction durable.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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