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Des journalistes prises à partie par Donald Trump, un journal symbole du contre-pouvoir aux Etats-Unis qui licencie un tiers de sa rédaction... La presse américaine vit une période difficile.
Publié le 07/02/2026 17:25
Temps de lecture : 2min
Des employés et des lecteurs du "Washington Post" manifestent contre les licenciements, le 5 février 2026 dans les rues de la capitale américaine (OLIVER CONTRERAS / AFP)
La semaine qui vient de s'écouler dit beaucoup du virage que prennent les Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mardi 3 février, Kaitlan Collins, journaliste à CNN, interroge le président américain sur l'affaire Epstein... et cela dérape : "Vous êtes la pire des journalistes. Pas étonnant que CNN ait de si mauvaises audiences, c'est à cause de gens comme vous, répond Trump. Je vous connais depuis dix ans et je n'ai jamais vu un sourire sur votre visage. Vous ne souriez jamais parce que vous ne dites pas la vérité. Votre organisation est très malhonnête et elle devrait avoir honte de vous." S'attaquer au physique des femmes journalistes pour ne pas répondre sur le fond : la scène est d'autant plus frappante que l'entourage du président en a fait la publicité sur les réseaux sociaux en suggérant que Trump avait "pulvérisé" la reporter.
Ce n'est pas la première fois que ce genre de choses se produit. En fin d'année, le même Donald Trump avait réprimandé, à bord d’Air Force One, une journaliste de Bloomberg d’un vulgaire "Quiet Piggy" (Silence, petite cochonne). Cela en dit long sur le respect qu'a l'actuel président américain pour les contre-pouvoirs.
Le journal possédé par Jeff Bezos va supprimer 300 journalistes, soit un tiers de la rédaction. Pour le quotidien qui a sorti l'affaire du Watergate ou celle des Panama Papers, c'est un vrai traumatisme, un mythe américain qui s'effondre. Mais à y regarder de plus près, l'épisode dit aussi quelque chose de l'époque : comme un symbole des Etats-Unis qui se recroquevillent sur eux-mêmes depuis le retour de Trump, l'un des piliers du quatrième pouvoir perd sa capacité de raconter ce monde en transition. Car ce sont essentiellement des correspondants à l'étranger qui ont été licenciés.
Ce plan de licenciements a un instigateur aux motivations politiques de moins en moins cachées : propriétaire du journal, le patron d'Amazon multiplie depuis quelques mois les ingérences éditoriales. Juste avant la présidentielle de 2024, contre l'avis de la rédaction il refuse que le WAPO appelle à voter démocrate, contrairement aux quatre derniers scrutins. Quelques mois plus tard, il s'affiche au premier rang de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, et cette semaine, tout un symbole, on apprend que c'est à lui qu'on doit le documentaire à la gloire de Melania Trump. 75 millions de dollars investis alors qu'en même temps 300 journalistes étaient licenciés sous sa houlette : une illustration parfaite de la reconfiguration en cours du paysage médiatique américain.


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