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Plus de 10 000 morts en une semaine : c'est le bilan provisoire de la vague de chaleur de fin juin en Europe, selon le réseau européen de surveillance de la mortalité EuroMOMO. Le média public tchèque Česká televize revient sur ces chiffres dans cet article.
Publié le 15/07/2026 12:27
Temps de lecture : 3min
Un nouvel épisode de chaleur intense frappe l'Europe et le bassin méditerranéen (photo d'illustration). (ALEXANDRA PADOVANI / HANS LUCAS / AFP)
Alors que la vague de chaleur qui a touché le continent battait son plein, les pays européens ont enregistré, fin juin, plus de 10 000 décès supplémentaires par rapport au nombre habituellement attendu. Ce chiffre provient des données publiées par EuroMOMO, un réseau soutenu par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La quasi-totalité de ces décès (plus de 9 000) concernait des personnes âgées de plus de 65 ans.
"Un tel niveau de surmortalité à cette période de l'année est inhabituel. C'est un chiffre vraiment élevé", explique Lasse Vestergaard à Reuters. Le médecin-chef au Statens Serum Institut danois ajoute : "Il est difficile d'expliquer cette mortalité élevée par autre chose que la chaleur extrême."
Une chaleur extrême peut provoquer un coup de chaleur. Cela se caractérise par une défaillance du système de régulation thermique de l'organisme, qui peut également aggraver des troubles cardiovasculaires et respiratoires préexistants, les personnes âgées figurant parmi les plus vulnérables. Les données montrent par ailleurs qu'une surmortalité est également observée chez les enfants de moins de 14 ans.
Les données compilées par EuroMOMO à partir des statistiques nationales de plus de vingt pays européens et d'Israël portaient sur la surmortalité toutes causes confondues, et non uniquement celle liée à la chaleur, au cours de la semaine du 22 au 28 juin, période durant laquelle la vague de chaleur a atteint son apogée en France, en Espagne, au Royaume-Uni et dans d'autres pays. Ces chiffres ne sont pas encore complets, car les pays européens utilisent des systèmes et des calendriers différents pour la publication des données de mortalité. La République tchèque, par exemple, n'est pas encore incluse dans l'ensemble de données, car elle publie ces chiffres trimestriellement. En réponse à une question du média public tchèque ČT24, l'Institut national tchèque de santé publique a indiqué que les données seraient publiées au cours de la deuxième semaine d'août.
Les scientifiques indiquent qu'il n'existe pas d'autres facteurs majeurs connus, tels que les flambées de Covid-19 observées les années précédentes. Selon les experts, la vague de chaleur de fin juin aurait été pratiquement impossible sans le changement climatique d'origine humaine.
Les données montrent également que la mortalité est généralement bien plus faible pendant les mois d'été qu'en hiver. L'hiver s'accompagne en effet de bien plus de facteurs de risque : le froid augmente le risque de problèmes cardiaques, les maladies infectieuses se propagent plus facilement et le manque d'ensoleillement est associé à la dépression.
En général, le froid fait nettement plus de victimes en Europe que la chaleur. Mais les tendances révèlent une réalité bien différente : les décès liés au froid continueront de diminuer dans les années à venir, à mesure que le réchauffement réduira l'exposition aux basses températures, tandis que le nombre de décès liés à la chaleur augmentera. Une étude récente a conclu que, dans un scénario d'émissions modérément croissantes sans mesures d'adaptation supplémentaires, le nombre de décès liés au froid diminuerait de 3,5 millions, tandis que celui lié à la chaleur augmenterait de 5,8 millions.
Selon les climatologues, l'Europe devrait commencer à s'adapter plus efficacement à un climat en pleine mutation. L'une des mesures clés permettant de réduire les risques sanitaires liés aux vagues de chaleur est la climatisation. Les scientifiques soulignent également les avantages des centres de rafraîchissement, en particulier dans les grandes villes, où les personnes touchées par la chaleur peuvent faire baisser leur température corporelle. Les espaces verts peuvent aussi avoir un impact positif dans les rues, les quartiers et même dans les villes tout entières.
Un article écrit par Tomáš Karlík et Tomáš Horáček (ČT), initialement publié le mardi 14 juillet 2026 à 11h09. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.


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