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Le séjour prolongé de Paul Biya à l’étranger relance un débat qui revient à chaque absence présidentielle. Combien de temps le chef de l’État peut-il rester loin de Yaoundé sans que cela pose un problème institutionnel ? La réponse, selon le Dr Teubissi Noutsa Joël, tient en un mot : aucune limite n’existe. La Constitution camerounaise ne fixe rien. Et ce vide n’est pas un hasard.
Un silence constitutionnel qui n’a rien d’accidentel
Le texte fondamental camerounais ne subordonne à aucun moment l’exercice du pouvoir présidentiel à la présence physique du chef de l’État sur le territoire national. Aucune durée maximale n’est inscrite, nulle part. Le Dr Teubissi Noutsa Joël, dans son analyse, explique que ce silence traduit une volonté délibérée de souplesse institutionnelle. L’idée derrière : éviter qu’un déplacement, qu’il soit diplomatique, médical ou personnel, ne puisse servir de prétexte à une remise en cause de la continuité de l’État.
Franchement, c’est le genre de disposition qu’on ne remarque que lorsqu’elle devient concrète. Et elle l’est devenue, plus d’une fois, ces dernières années.
L’ombre de Bourguiba planait sur les constituants africains
Ce choix juridique n’est pas propre au Cameroun. Plusieurs États africains ont suivi la même logique après l’épisode tunisien qui a vu Zine El-Abidine Ben Ali évincer Habib Bourguiba en 1987, profitant justement d’une ambiguïté institutionnelle. Les constituants africains, échaudés par ce précédent, ont préféré ne rien graver dans le marbre. Le raisonnement est limpide.
Une absence prolongée, aussi longue soit-elle, ne peut donc pas légalement fonder une déclaration de vacance du pouvoir au Cameroun. C’est un choix qui protège l’institution présidentielle contre toute tentative de récupération politique. Mais il alimente aussi, chez une partie de l’opinion, un sentiment d’opacité qui ne trouve pas de contrepoids juridique clair.
Difficile de ne pas y voir un arbitrage volontaire entre stabilité institutionnelle et transparence démocratique.
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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