Un Angolais de 44 ans est décédé mardi dans le commissariat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Son père a déposé plainte, une enquête a été confiée à un juge d'instruction.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:09 | mis à jour aujourd'hui à 17:40 - Temps de lecture :

Un homme de 44 ans est décédé mardi dans un commissariat de Seine-Saint-Denis. Photo d'illustration Sipa / Mourad Allili Un homme de 44 ans est décédé mardi dans un commissariat de Seine-Saint-Denis. Photo d'illustration Sipa / Mourad Allili

Une enquête pour rechercher les causes de la mort de Mauricio K., un Angolais de 44 ans décédé mardi dans un commissariat de Seine-Saint-Denis, a été confiée à un juge d'instruction, a annoncé jeudi le parquet de Bobigny dans un communiqué. 

L'homme avait été interpellé « fortement alcoolisé » lundi, « dans un établissement de restauration rapide à la suite d'un appel pour un individu proférant des insultes à caractère sexiste », a indiqué le parquet dans un communiqué. Durant le transport vers le commissariat de Saint-Ouen, « il proférait de nouveau des outrages à caractère sexiste à l'encontre d'une policière municipale », a ajouté le ministère public, qui a ouvert une enquête mercredi et a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

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« On a tenté d'étouffer la mort d'un homme »

Selon le parquet, Mauricio K. s'est montré « très virulent » lors de la fouille de sécurité et a tenté de frapper les policiers. Ces derniers ont indiqué « l'avoir repoussé à main fermée, notamment au niveau de l'épaule » puis ils ont utilisé « un bâton télescopique au niveau de la jambe gauche et sur les obliques de l'abdomen, avant de l'amener au sol et le stabiliser pour terminer les opérations de fouille ».

« On a tenté d'étouffer la mort d'un homme en garde à vue », a dénoncé auprès de l'AFP Yassine Bouzrou, l'avocat du père de la victime: « aujourd'hui, nous apprenons que Mauricio a été violemment frappé durant sa garde à vue », a-t-il déclaré. « On a voulu inventer une maladie, en ne divulguant aucun des éléments à charge contre les policiers, obligeant la famille à porter plainte pour faire éclater la vérité », a fustigé Me Bouzrou. 

Il avait déposé plainte la veille pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner commises par une personne dépositaire de l'autorité publique ». Le parquet souligne que l'autopsie « n'a mis en évidence aucune lésion traumatique à l'origine du décès » et que la victime présentait « des antécédents cardiaques ». L'institution judiciaire a également requis les « expertises complémentaires », toxicologique et anatomopathologique, recommandées par le médecin légiste.

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