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En Seine-et-Marne, Cécile Kessen, animatrice en socio-esthétique, organise des ateliers pour redonner confiance en soi aux participants et rompre leur isolement.
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Une fois par mois, des habitants se retrouvent à Ville-Saint-Jacques et Montigny-sur-Loing, dans le sud Seine-et-Marne, pour des ateliers collectifs portés par Les Petits Frères des Pauvres. Animés notamment par Cécile Kessen, socio-esthéticienne, ces rendez-vous mêlent bien-être, échanges et goûter partagé, avec un objectif clair : rompre l’isolement et redonner confiance.
Soin, bien-être et revalorisation
« La socio-esthétique, ce n’est pas l’esthétique classique. On est sur du soin, du bien-être et de la revalorisation de la personne », explique Cécile Kessen.
À 40 ans, cette dernière a repris ses études pour se former à l’esthétique, puis s’est spécialisée dans ce domaine encore peu connu qu’est la socio-esthétique, destiné à accompagner des personnes fragilisées par la maladie, le handicap, l’âge ou des parcours de vie difficiles.
Dans son quotidien, la professionnelle intervient aussi bien auprès de personnes en situation de vulnérabilité sociale que dans des établissements accueillant des personnes âgées. « On travaille sur la perception du corps, l’image de soi, sans être dans une thérapie profonde. C’est un outil extraordinaire, parce qu’on se remet en mouvement doucement ».
Le projet mené avec Les Petits Frères des Pauvres s’est installé sur deux communes : Ville-Saint-Jacques et Montigny-sur-Loing. Cécile Kessen connaissait déjà l’association, pour laquelle elle avait animé des ateliers collectifs auparavant. Conseillère municipale de Ville-Saint-Jacques, elle voit alors l’opportunité de donner vie à un espace communal.
« On a une salle des fêtes adaptée, accessible aux personnes en fauteuil roulant, avec la possibilité de faire venir des petits bus. Ce sont des lieux qui ne demandent qu’à vivre », confie-t-elle.
L’idée est de sortir du ponctuel et de créer un rendez-vous régulier : « Ils voulaient se mensualiser, rendre le projet plus pérenne. Parce que pour sortir les gens de l’isolement, il faut de la régularité », souligne Cécile. Le projet, baptisé « La Baraque à Frat » – contraction de « baraque à fraternité » – est aujourd’hui dans sa deuxième année.
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« Le miroir peut être très difficile »
Préparation de cosmétiques, soins des mains, soin du visage, conseils en image, colorimétrie… Les contenus varient, mais l’approche reste la même : avancer étape par étape, sans brusquer.
« On commence souvent par les mains : ce n’est pas intrusif. Puis on avance. Le miroir, par exemple, peut être très difficile pour certaines personnes. Il faut y aller progressivement, sans obligation », ajoute-t-elle.
Le projet attire notamment des résidents d’Ehpads, qui peuvent participer gratuitement, mais l’objectif affiché est plus large. Cécile insiste sur l’intérêt d’une dimension intergénérationnelle : « Il n’y a pas que des personnes âgées isolées. Il y a aussi des femmes seules après un divorce, des personnes fragilisées par la vie ».
Pour illustrer l’impact de ces moments, la socio-esthéticienne raconte une scène vécue lors d’un atelier. Une participante, toujours vêtue de noir, refusait catégoriquement de se regarder dans un miroir. Au fil des séances, les échanges, les soins des mains, puis un atelier de colorimétrie ont permis un petit basculement.
« Les autres participantes l’ont encouragée à essayer du jaune. Elle a tenté… et quand elle s’est vue, elle a eu ce regard différent sur elle-même. Elle a dit : ‘En fin de compte, ça me va bien‘. C’est subtil, mais c’est très touchant ».
Pour Cécile Kessen, tout se joue dans ces instants : « Une personne qui se juge moins, qui rit, qui se reconnecte… Ça glisse, ça passe. Et ça fait du bien », conclut-elle.
Prochaines dates : Ville-Saint-Jacques le 18 mars (inscription au 01 60 96 66 01) et Montigny-sur-Loing le 19 mars (inscription au 01 64 45 54 44).
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