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Vingt ans après avoir affronté Nicolas Sarkozy, l’ex-ministre de l’Environnement espère un retour au premier plan de la vie politique.

FREDERIC PETRY / Hans Lucas via AFP
Ségolène Royal lors d’une séance de dédicaces de son livre.
EN BREF • Ségolène Royal vient d’annoncer sa candidature à la primaire du PS pour l’élection présidentielle, espérant un retour en politique après des années d’absence.
• Elle critique l’extrême droite et souhaite concurrencer Marine Le Pen, défendant des valeurs contre le racisme et l’antisémitisme.
• Elle propose les slogans « La France tranquille » et « L’Ordre juste », inspirés de ses précédentes campagnes.
Un retour inattendu. Sans aucune responsabilité politique depuis la fin du quinquennat de François Hollande, Ségolène Royal, 72 ans, a annoncé ce vendredi sa candidature à la primaire du Parti socialiste, prévue à l’automne. L’ancienne ministre de l’Environnement dit avoir pris cette décision « après de nombreux échanges avec des gens rencontrés, des élus, des citoyens actifs dans des associations, des entreprises ».
Cette prise de parole intervient au lendemain d’un vote interne au PS qui a vu conforter la stratégie des opposants d’Olivier Faure. Les militants ont tranché en faveur d’un scrutin réservé aux adhérents, et non pas ouvert à l’ensemble des sympathisants de gauche comme le souhaitait le Premier secrétaire. Les règles du jeu étant fixées, Ségolène Royal a jugé que c’était le bon moment pour se déclarer candidate.
« Je prends cette initiative avec humilité, sans ego, et sans posture de supériorité comme on en voit trop », explique l’ex-députée des Deux-Sèvres, qui s’était hissée au second tour de la présidentielle en 2007 face à Nicolas Sarkozy. Elle défendait à l’époque des sujets précurseurs à gauche, comme la démocratie participative ou la place des femmes dans la société.
Face à une extrême droite « aux portes du pouvoir », Ségolène Royal s’interroge : « Comment pourrais-je ne rien faire ? » Elle affirme vouloir concurrencer Marine Le Pen, dont on sait désormais qu’elle représentera le RN, afin de ne pas la laisser devenir « la première femme présidente de l’histoire de France ». Pour elle, « la limite infranchissable » doit être celle « du racisme et de l’antisémitisme », « du sexisme et de l’homophobie ».
Sur le fond, l’ancienne compagne de François Hollande met déjà en avant deux slogans, hérités de ses années d’expérience en politique. Le premier, « La France tranquille », est une référence explicite à François Mitterrand qui, en 1981, entendait incarner « la force tranquille ». Le second, « L’Ordre juste », est issu de sa campagne de 2007. « Notre pays secoué par de multiples crises exprime le besoin d’un avenir rassurant pour retrouver une France tranquille et confiante en son destin », explique-t-elle.
« Sexisme monstrueux »
Reste à voir si elle pourra bien se présenter à cette primaire, dont on ne connaît ni les règles ni les modalités exactes. Certains imaginent par exemple la mise en place de parrainages de militants ou d’élus pour pouvoir se porter candidat. Pour l’heure, seul Philippe Brun a fait acte de candidature, mais il pourrait très vite être rejoint par Jérôme Guedj, Olivier Faure voire Boris Vallaud.
Au milieu de tous ces hommes, Ségolène Royal pourrait bien être la seule femme. Une expérience qu’elle connaît bien pour l’avoir expérimentée en 2007, lorsqu’elle était candidate d’un parti essentiellement composé d’hommes. « Elle a subi un sexisme monstrueux. Elle était “conne”, “incompétente”, elle n’avait pas de culture politique, ni d’intelligence rationnelle. Tout était sujet à critique », se souvient l’ancienne ministre Aurélie Filippetti auprès de Mediapart. La campagne de 2027 sera-t-elle l’occasion pour Ségolène Royal de prendre sa revanche ?


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