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Sébastien Lecornu veut « avancer très vite » vers la suite, à peine la séquence budgétaire terminée

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Le Premier ministre a redit son « regret » d’avoir dû utiliser le 49-3, mais assume son utilisation en affirmant qu’« il faut savoir terminer une crise politique ».

Sébastien Lecornu (photographié le 23 décembre à l’Assemblée nationale) veut « avancer très vite » vers la suite, à peine la séquence budgétaire terminée.

THOMAS SAMSON / AFP

Sébastien Lecornu (photographié le 23 décembre à l’Assemblée nationale) veut « avancer très vite » vers la suite, à peine la séquence budgétaire terminée.

« Maintenant, il faut avancer ». Sébastien Lecornu a affirmé ce vendredi 23 janvier souhaiter tourner la page du budget pour s’engager dans des projets plus « réalistes », réfutant ainsi tout « immobilisme », après avoir surmonté sans surprise deux motions de censure grâce à la mansuétude des socialistes.

« Il faut savoir terminer une crise politique », a affirmé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis consacré au logement, pour justifier son recours au 49-3 pour faire adopter le budget. Sébastien Lecornu a dit sa volonter d’« avancer » car « très vite, la campagne présidentielle va débuter ». Dans ce contexte « la projection du gouvernement » sur la suite des réformes « sera réaliste », a-t-il ajouté.

Mais « on ne va pas rien faire. Il n’y aura pas d’immobilisme » car « il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre », comme le logement, a-t-il souligné en se donnant un ambitieux objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030 dans le cadre d’un plan de « relance » à venir du secteur.

Le chef du gouvernement a assuré qu’il n’avait pas « d’agenda » politique, semblant ainsi écarter une candidature à l’Elysée, et redemandé à ses ministres de se tenir « le plus éloigné de la campagne présidentielle ».

Le Parlement « ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir »

Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d’utiliser le 49-3 sur la partie « recettes » du budget. La partie recettes adoptée, il a dans la foulée engagé un nouveau 49-3, sur les dépenses et l’ensemble du texte qui pourrait être adopté définitivement début février.

La France insoumise et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées de la même manière mardi. La motion commune des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, la droite et le PS refusant de s’y associer.

« Il y a une majorité fragile », a reconnu sur BFMTV Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le parlement. « Elle est à peu près la même depuis deux, trois mois [...] Soyons prudents, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité ». La motion du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a aussi échoué, recueillant 142 voix.

Le Premier ministre a redit vendredi son « regret » de devoir actionner le 49-3 sur le budget de l’Etat pour 2026, rompant avec la promesse faite début octobre d’y renoncer, à la demande des socialistes. Après plus de trois mois de discussion, le Parlement « ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir » mais désormais le 49-3 « ne pourra plus être utilisé comme avant », sauf « en absolu et dernier ressort » pour « préserver les institutions », a-t-il espéré.

Mélenchon fustige une « nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez »

Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face aux trois autres groupes. « Le PS vole 65 voix d’opposition du NFP [l’alliance de gauche Nouveau Front populaire aux législatives 2024, ndlr]. Il faudra s’en souvenir aux municipales », a déclaré sur X le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant des « milliards de coupe » de la « nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez ».

La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la « trahison du pacte solennel » conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un « passage en force », selon elle « marque de fabrique » du macronisme. « Tout aurait dû vous conduire à démissionner », a-t-elle estimé, pointant du doigt l’« impuissance » du gouvernement.

Le PS avait confirmé dès mardi qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix, saluant les « inflexions substantielles » obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49-3 ait permis de donner une « portée effective » aux discussions menées dans l’hémicycle.

Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de Sébast Lecornu laissent aussi un goût amer, alors que le déficit devrait s’élever à 5% du PIB. « Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés », a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, « nous devons sortir (le pays) du blocage permanent », a souligné le député LR Nicolas Ray.

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