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Politique 13/01/2026 19:52 Actualisé le 13/01/2026 20:21
Ce texte était réclamé depuis plusieurs semaines par la FNSEA, premier syndicat agricole, qui manifestait ce mardi à Paris avec ses tracteurs.
Par Vincent Gibert avec AFP

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Sébastien Lecornu, ici à l’Assemblée nationale à Paris, le 13 janvier 2026.
Le Premier ministre passe à l’action pour apaiser la colère des agriculteurs. Sébastien Lecornu a promis ce mardi 13 janvier qu’il présenterait en mars un projet de « loi d’urgence » sur la politique de l’eau, la « prédation » du loup et les « moyens de production », qui sera examiné par le Parlement « avant l’été ».
Ce texte était réclamé depuis plusieurs semaines par la FNSEA, premier syndicat agricole, qui manifestait ce mardi à Paris avec ses tracteurs et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA), tout comme les autres mesures déroulées par le Premier ministre sur X.
« J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production », a indiqué le Premier ministre. Le projet devra « associer en amont toutes les forces politiques parlementaires » et « d’autres simplifications peuvent être prises dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.
La période précédant le Salon de l’agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars, a été propice aux annonces politiques en faveur des agriculteurs au cours des trois derniers hivers de contestation agricole.
La politique de l’eau, source de tensions
En attendant le texte de loi, le Premier ministre a ajouté qu’un « cap clair » sur la politique de l’eau serait par ailleurs « fixé d’ici le salon ». Cette question concentrait les demandes de la FNSEA, qui réclame depuis des années des « moyens pour produire » (eau, pesticides, etc.).
Sébastien Lecornu a aussi demandé, d’ici la présentation du projet de loi, un « moratoire sur toutes les décisions relatives » à cette question de l’eau et la suspension des « textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre ». « Je demande aux préfets de me remonter directement les projets hydrauliques agricoles bloqués sur les territoires : je veux en libérer un maximum », a-t-il ajouté.
La question des retenues d’eau destinées à l’irrigation, et surtout des bassines, a fait l’objet de tensions ces derniers mois.
Sébastien Lecornu se dit aussi « prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant » de la directive nitrates, qui encadre notamment les plans d’épandages d’engrais par les agriculteurs sur leurs champs, un texte en « totale déconnexion du terrain », selon la FNSEA.
« En attendant, avant le salon de l’agriculture, les préfets concernés et leurs services seront réunis » pour étudier « les possibilités de dérogation » à cette directive européenne, a-t-il précisé, demandant du « discernement » lors des contrôles par l’État d’exploitations agricoles.
Devant l’Assemblée nationale, des agriculteurs pas convaincus
Cela s’ajoute à un paquet de « 300 millions d’euros » annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.
Devant l’Assemblée nationale ce mardi, l’annonce de cette loi d’urgence a été sifflée par de nombreux agriculteurs présents, note Ouest-France, certains mettant en cause le délai d’examen du texte. En début de soirée, une partie des agriculteurs comptaient rester sur place, pas convaincus par les annonces du Premier ministre. Finalement, David Greffin, vice-président de la FNSEA, annonçait un peu plus tard que les agriculteurs allaient bien passer la nuit sur place « pour mener un dernier combat », selon un journaliste du Parisien.
Pour préparer à l’arrivée de la loi, la ministre de l’Agriculture promet elle de « faire un tour de France » pour aller à la rencontre des agriculteurs. « Je vais [le] commencer dès cette semaine, je vais aller dans toutes les régions de France », a annoncé Annie Genevard sur franceinfo.
« Des mesures concrètes immédiates et un projet de loi d’urgence pour soutenir nos agriculteurs. Il est temps de protéger durablement notre agriculture française, de garantir des revenus décents, de simplifier les normes et de défendre notre souveraineté alimentaire », a réagi de son côté sur X Laurent Panifous, le ministre délégué en charge des Relations avec le Parlement.


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