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Se porter candidat en sachant qu’on ne sera (fort probablement) pas élu

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Les chances de se faire élire sont minces pour les candidats indépendants ou ceux qui se présentent pour ce qu’on appelle les tiers partis. Ils le font en toute connaissance de cause et souvent, d’après ceux à qui nous avons parlé, dans un autre but : participer à la démocratie autrement et faire connaître leurs idées.

Je n’ai aucune chance de gagner, affirme Vincent Bégin en riant. Aucune! Il compte cependant faire connaître le Rassemblement pour l’indépendance nationale de droite laïque du Québec (RINDLQ) qu’il a fondé. Un groupe qui se rapproche, selon M. Bégin, du RIN de Pierre Bourgault à l'époque, qu’il a créé en vue de la tenue d’un prochain référendum.

Ce qui compte pour le candidat dans la circonscription de Louis-Hébert, c’est d’offrir une voix aux électeurs indépendantistes de droite. L’aile gauche est bien représentée par les partis comme le PQ et QS, selon lui. Il ne manque que l’option de droite pour compléter l’offre indépendantiste.

Vincent Hébert sourit à la caméra. Il est debout sur une surface gazonnée. Derrière lui, un feu de circulation et quelques véhicules.

Vincent Bégin est candidat indépendant dans Louis-Hébert, une circonscription de Québec.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

Ces idées de droite doivent avoir une plateforme, doivent pouvoir s'exprimer, estime le candidat Bégin. Et le demi-million, à peu près, qu'on évalue, de Québécois qui sont de centre, de droite et indépendantistes, eh bien on veut les rassembler pour créer une autre force, puis s'assurer que l'indépendance va passer, explique-t-il.

Pour lui, l’objectif est d’abord de se faire connaître pour faire élire des candidats du mouvement lors de prochaines élections, qui viendront peut-être vite, rappelle-t-il, si le prochain gouvernement est minoritaire.

Dans les 11 circonscriptions de la Capitale-Nationale, deux personnes se présentent comme candidat indépendant et 26 sous la bannière des partis hors des cinq grandes formations politiques (CAQ, PQ, PLQ, PCQ, QS).

Dans Chaudière-Appalaches, 10 candidats sont dans cette position dans l’une des huit circonscriptions de la région.

De la variété et de l’offre

Lui aussi avec une fibre souverainiste, Jean-François Joubert fait campagne dans la circonscription de Taschereau pour Climat Québec-Équipe Martine Ouellet.

Ce qu'on espère, c'est quand même faire passer des messages, que la conversation puisse être plus évoluée ou changée par notre présence, décrit-il. C'est un peu comme dans un système capitaliste, où, pour qu'un système capitaliste fonctionne, il faut de la variété, il faut de l'offre, il faut de la compétition. Et dès que tu te présentes et que tu as quelque chose à dire, si c'est intéressant, ça va avoir un effet sur les autres.

Jean-François Joubert sourit à la caméra, au milieu de la rue Saint-Jean à Québec. La rue est fermée à la circulation automobile et des piétons y marchent, en arrière-plan.

Jean-François Joubert souhaite que les idées touchant l'environnement et la souveraineté soient portées dans le débat.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

De son point de vue, les Québécois sont prêts, cette fois-ci, plus qu’avant, à donner une chance aux candidats d’autres partis que les cinq principaux.

M. Joubert raconte que, pendant sa campagne, il entend une espèce de frustration d’électeurs qui disent on entend toujours les mêmes choses. Des candidatures comme la sienne peuvent changer la donne, à son avis.

Quand on arrive avec des nouvelles idées, puis si on y a réfléchi un petit peu, puis on peut les proposer de manière structurée, je pense qu'il y a une chance soit d'aller chercher des gains, ou d'influencer les gens autour, exprime-t-il.

Éviter d’annuler son vote

Le nom de William Beaudry sera sur le bulletin de vote pour le Parti nul dans la circonscription de Chauveau. Étudiant à la maîtrise en sciences politiques, le jeune homme affirme qu’il ne se retrouvait pas dans l’offre et les idées des grands partis.

Il s’apprêtait à voter en blanc quand il a vu une vidéo sur Instagram à propos du Parti nul. Cette publication a changé son approche. Il a alors décidé de transformer son non-engagement en quelque chose de positif. Il a donc recueilli les 100 signatures nécessaires pour présenter sa candidature, en faisant du porte-à-porte et en discutant de démocratie avec les citoyens.

William Beaudry en entrevue avec Radio-Canada, dehors.

William Beaudry se présente sous la bannière du Parti nul. Il souhaite ainsi parler de démocratie autrement.

Photo : Radio-Canada

Si le Parti nul n’a pas d’engagement précis à présenter, des candidats comme M. Beaudry estiment que d’offrir la possibilité de voter pour ce parti permet justement d'élargir le débat sur ce qui est le système démocratique. Il fait surtout campagne en commentant des publications sur les réseaux sociaux.

Au Parti nul, on n’essaie pas de convaincre de voter pour le Parti nul. Ce que je vois, c'est des gens qui seraient insatisfaits, qui sont aliénés par le système politique. On leur présente l'option, s'ils ont envie d'aller voter puis de se joindre au mouvement, explique William Beaudry.

Avec les informations de William Gagnon

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