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Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a salué l’autorisation d’un oléoduc entre sa province et le Montana par le président américain jeudi. Le Saskatchewanais estime que cette décision s’inscrit dans la logique de faire du Canada « une superpuissance énergétique ».
Par voie de communiqué, Scott Moe indique que cet oléoduc, s’il se concrétise, contribuera à renforcer la sécurité énergétique, à soutenir l'emploi et à améliorer l'accès aux marchés pour les producteurs canadiens.
Je pense que c'est une bonne chose, dans un monde où nous n'avons pas eu beaucoup de positifs, notamment en ce qui concerne nos relations récentes avec les États-Unis.
Cet oléoduc exploité par l’entreprise Bridger Pipeline transporterait 550 000 barils de pétrole par jour jusqu’au centre de stockage dans l’État du Wyoming.
Scott Moe ajoute que cette décision de Donald Trump renforcerait la sécurité énergétique mondiale, permettant d’atteindre l'objectif [qu'il] partage avec le premier ministre canadien [Mark] Carney, à savoir faire du pays une superpuissance énergétique mondiale.
De son côté, le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan affirme : Nous avons besoin d'une plus grande capacité dans nos oléoducs pour acheminer nos produits vers les marchés. Il affirme toutefois qu'une telle infrastructure qui irait de l'ouest vers l'est du pays serait plus bénéfique pour le Canada.
Un projet possible, mais pas sans obstacle
Frédéric Boily, professeur de sciences politiques au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, estime que le contexte pour un oléoduc est toujours d’actualité, alors que le monde fait face à une crise de l’énergie. Du côté albertain, on veut profiter de cette crise, résume le politologue.
Il croit ainsi que ce projet est passé d’une conception utopique à un projet plus réaliste. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il n'y aura pas d’obstacles à surmonter des deux côtés de la frontière, selon lui.
On ne sait pas si l’opposition, notamment du côté environnementaliste, continuerait d’être présente. On peut présumer que oui, indique-t-il.
Il note que l’administration Trump a tout de même modifié le tracé de ce nouvel oléoduc, évitant des défis auxquels l’ancien projet Keystone XL devait faire face. On évite certains territoires des Premières Nations, notamment du côté du Dakota du Nord, qui avaient été opposés au projet Keystone, explique Frédéric Boily.
Le politologue estime qu’un tel oléoduc qui passerait en Saskatchewan aiderait les petites municipalités grâce à l'augmentation de leurs revenus.
Interrogé sur le contraste entre les propos de Donald Trump voulant que les États-Unis n’avaient pas besoin du pétrole canadien et la décision d’autoriser un pipeline jeudi, Frédéric Boily estime que le président américain promeut une politique des États-Unis d’abord. Cette politique s'arrime avec les intérêts de l’Alberta, qui envoie une majorité de son pétrole vers le sud, conclut-il.
Rester prudent
L’ancien directeur général de la Commission de commercialisation du pétrole de l'Alberta, Richard Masson, a estimé que le Canada devait rester prudent quant à la décision prise par Donald Trump jeudi.
Il s'agit de l'autorisation présidentielle qui permet la mise en service d'un oléoduc transfrontalier. Elle ne couvre pas toutes les autres autorisations nécessaires à la construction de l'oléoduc, précise M. Masson.
Il rappelle que le projet Keystone XL avait été annulé et approuvé maintes fois avant qu’il ne soit annulé pour de bon. Le projet proposé par Bridger Pipeline pourrait également être bloqué par l’administration américaine suivant celle du président américain.
Avec les informations de Philippine Francois-Gascard et d'Alexander Quon


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