Des chercheurs espagnols et japonais ont découvert que la majorité des individus ont spontanément tendance à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Un phénomène dont l'origine reste encore mystérieuse.

Le Progrès - Hier à 12:15 - Temps de lecture :

Ce phénomène serait davantage marqué dans les déplacements des enfants. Photo d'illustration / pxhere Ce phénomène serait davantage marqué dans les déplacements des enfants. Photo d'illustration / pxhere

Alors qu'ils étudiaient les déplacements des piétons et la distanciation sociale pendant la pandémie de Covid-19, des chercheurs ont fait une découverte étonnante. En analysant les vidéos de leurs expériences, ils ont remarqué que les participants avaient tendance à tourner dans le même sens lorsqu'ils se déplaçaient.

Quelques années plus tard, cette observation fortuite fait l'objet d'une étude publiée le 10 juin dans la revue scientifique Nature Communications. 

Des chercheurs espagnols et japonais ont ainsi cherché à déterminer s’il existait des tendances communes dans la manière dont les piétons se déplacent. Pour cela, ils ont étudié un large éventail de piétons répartis en groupes de tailles variables dans différents environnements. Il s’avère que la grande majorité des personnes ont une préférence pour les rotations dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. 

Des déplacements plus marqués chez les enfants

Afin de comprendre ces résultats, les chercheurs ont testé plusieurs hypothèses : le contexte culturel tout d'abord, mais aussi la taille du groupe, le sexe, la latéralité et l’âge.

La plupart de ces facteurs n’ont eu qu’une influence négligeable sur les résultats. Seul l’âge semble jouer un rôle. En effet, les enfants ont une préférence encore plus marquée pour les déplacements dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. 

Surtout, les chercheurs ont montré qu'il s'agissait d'un biais individuel et non collectif. Il ne s'agit pas de mimétisme au sein d'un groupe, mais bien d'une tendance propre à chaque individu qui se manifeste même lorsque les participants évoluent librement.

L'origine du phénomène encore inconnue

Pour l'heure, les scientifiques ne connaissent pas l'origine de ce biais. Ils estiment qu'il pourrait être lié à des mécanismes biomécaniques, c'est-à-dire à la manière dont le corps humain est construit et se déplace.

« Cela ne provient probablement pas des yeux, car nous avons essayé de bander l’œil gauche ou droit des participants et la préférence persistait. Certaines personnes nous ont demandé s’il pouvait s’agir de phénomènes à grande échelle, comme la force de Coriolis ou le champ magnétique terrestre, mais cela semble peu probable au vu de ce que nous avons pu mettre en évidence jusqu’à présent », expliquent les chercheurs dans leur publication.

Des parallèles avec certains sports

Selon les auteurs, cette découverte pourrait avoir un impact sur notre compréhension du cerveau, ainsi que sur des domaines tels que le design, l’ingénierie et l’architecture. 

« Nos résultats peuvent sembler être une découverte mineure et insignifiante, mais dans la nature, la plupart des phénomènes liés à la locomotion montrent que les animaux marchent généralement sans préférence directionnelle. Le fort biais observé chez les humains suggère une certaine asymétrie au niveau biomécanique. »

Les chercheurs relèvent également un parallèle intrigant avec certains sports : de nombreuses pistes d'athlétisme, vélodromes et circuits de course imposent eux aussi des rotations dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Un autre mystère qui reste à éclaircir.

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