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Scandale fiscal en macronie : Plus de 13 000 millionnaires échappent à l’impôt sur le revenu

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Le contribuable français, ce pigeon volontaire, continue de financer les palaces de ceux qui ont trouvé la combine pour ne rien lâcher – et c’est parfaitement légal.

La grande muette

Les chiffres, d’abord. Ils ont cette froideur administrative qui rend les scandales plus acceptables, paraît-il. Pour l’année 2024, 18 525 foyers possédant un patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros – le seuil d’entrée dans le club très fermé de l’IFI – n’ont pas acquitté le moindre impôt sur le revenu. Déduction faite des résidents fiscaux étrangers et des défunts (ces derniers ayant trouvé une échappatoire plus radicale encore), il reste 13 335 privilégiés. Soit près de 10 % des redevables de l’IFI. Dans le peloton de tête – 4 144 foyers dont le patrimoine moyen culmine à 14 millions – la proportion atteint 15 %.

L’apothéose de cette démonstration par l’absurde ? Un foyer dont l’assiette immobilière est estimée à 142 millions d’euros et qui, fiscalement, fait chou blanc. Ces heureux élus appartiennent aux 0,5 % les plus riches du pays en matière de pierre. Claude Raynal, sénateur socialiste et pourfendeur de ces arrangements, observe avec malice que si l’on ajoutait les actions et obligations au tableau, « le phénomène prendrait des proportions autrement plus spectaculaires ».

🔴🇫🇷INFO – 13.335 #millionnaires ne paient aucun #impôt sur le revenu en France, selon une note inédite de Bercy. Il y a même un foyer qui ne paie rien malgré un patrimoine immobilier de 142 millions d’€. (Le Monde) https://t.co/MVVbqqNPzJ

— Brèves de presse (@Brevesdepresse) February 18, 2026


L’arsenal du parfait petit optimiseur

Comment devient-on riche sans jamais croiser le fer avec le percepteur ? La note de Bercy, sorte de manuel à l’envers de l’instruction fiscale, détaille les stratagèmes avec une précision d’horloger. On y trouve pêle-mêle :

. Les revenus miraculés : une liste longue de vingt-deux pages énumère tout ce qui peut échapper au filet – plus-values de résidence principale, dividendes planqués dans des PEA, crédits d’impôt si généreux qu’ils rendent le revenu fiscal négatif. Un grand classique.

. Les holdings et autres montages : beaucoup placent leurs actifs dans des sociétés écrans où l’impôt attend sagement, parfois pour l’éternité. La fameuse niche Dutreil, conçue pour protéger les entreprises familiales, se voit détournée avec une élégance rare pour transmettre des résidences secondaires ou des yachts à moindres frais. Ajoutez à cela des cessions à prix cassés entre initiés, des apports-cessions qui repoussent l’échéance aux calendes grecques, et vous obtenez une mécanique bien huilée. Bercy s’inquiète, dans son langage de bois : « De report en report, le risque est grand que ces plus-values ne croisent jamais le chemin de l’impôt. »

. Les petites astuces qui tuent : certains propriétaires de biens somptuaires déclarent des revenus dérisoires – on se souvient des habitants de l’île de Ré et de leur art consommé de la pauvreté apparente. D’autres sont imposés à l’étranger pour des biens trônant fièrement sur le sol français.

Légal, certes. Mais quand on gratte un peu, on découvre que l’éthique est une denrée aussi rare que la transparence à Bercy.

Bataille de chiffres au sommet de l’État

Cette affaire vient clore une polémique qui agitait les chaumières depuis janvier. Éric Lombard, ancien ministre, avait osé dans Libération une formule malheureuse : « des milliers » de grandes fortunes afficheraient un revenu fiscal nul. Amélie de Montchalin, sa successeure, avait rétorqué du tac au tac : « C’est faux, il n’y a aucun document à Bercy qui le prouve. » Aujourd’hui, les documents sortent du coffre, et Lombard peut savourer sa revanche.

Les sénateurs Raynal et Jean-François Husson (LR), qui ont dégoté ces données le 31 janvier, ne cachent pas leur satisfaction. Le premier : « Lombard voyait juste. Dans le club des ultra-riches, ils sont des milliers à ne pas participer à l’effort commun. » Le second, plus pugnace : « Sur les faits, Lombard est plus près du réel que son ancienne collègue. »

Une commission d’enquête parlementaire a été lancée début février pour sonder ces « trous noirs ». Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a même saisi le Conseil constitutionnel sur certaines mesures – signe que l’embarras gagne les hautes sphères. Mais les propositions sérieuses, comme la taxe Zucman sur les super-riches ou un toilettage de la niche Dutreil, restent lettre morte, bloquées par le lobbying patronal et une volonté politique aussi ferme qu’une crème anglaise ratée.

🤥AMÉLIE DE MONTCHALIN A MENTI
Contrairement à ce qu’elle a dit le 14/1/2026 devant le parlement,une note de Bercy confirme que 13.335 millionnaires en € ne paient aucun impôt sur le revenu.
Macron l’a nommée depuis lors à la tête de la Cour des Comptes !https://t.co/T4iLiDI1KV https://t.co/n6W50sLTPM

— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) February 18, 2026


L’avenir en pointillé

Ce nouveau scandale relance le débat sur la fiscalité des nantis, cette « bizarrerie » pour les uns, ce « système de castes » pour les autres. Raynal prévient : « Les riches seront au cœur de la prochaine présidentielle. Mieux vaut y venir avec des chiffres et des idées. » Un rapport est promis pour fin juin, en vue du budget 2027. En attendant, le contribuable ordinaire, lui, continue de payer.

Dans un pays qui se targue d’avoir inventé la progressivité de l’impôt, voir 13 335 foyers multimillionnaires passer entre les gouttes interroge. Cela pourrait bien nourrir les mouvements sociaux, ces mêmes que LFI appelle de ses vœux en réclamant la taxation du capital et la fin des niches. Pendant ce temps, les citoyens lambda se demandent, avec une naïveté touchante : pourquoi cette France à deux vitesses ?

Une chose est sûre : sans réforme d’envergure, le fossé entre les planqués du fisc et les autres continuera de se creuser. Et avec lui, la confiance dans des institutions déjà mal en point. Mais après tout, tant que l’herbe est grasse dans les prés de l’optimisation, pourquoi changer les règles du jeu ?

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