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La fondatrice de l’association « Ose libérer ta parole » a déposé plainte après avoir reçu une menace de mort mi-août. Ces menaces sont quotidiennes.

FIORA GARENZI / Hans Lucas via AFP
Affiche dénonçant l’inceste et la pédocriminalité lors d’une manifestation contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en novembre 2022.
EN BREF • Saraïti Assimakou, fondatrice de l’association « Ose libérer ta parole », reçoit des menaces de mort après avoir dénoncé l’inceste à Mayotte.
• Elle a porté plainte suite à une menace reçue le 13 août 2026, soulignant l’intimidation des victimes qui osent parler.
• Soutenue par des militants, elle dénonce la stigmatisation des victimes de violences sexuelles.
Sept ans après avoir dénoncé publiquement les violences sexuelles de son père, Saraïti Assimakou continue de recevoir des menaces de mort. « Depuis que j’ai décidé de parler de cette question sur la place publique, j’ai toujours été menacée », a affirmé la Mahoraise, qui a été la première à prendre la parole sur l’inceste dans l’archipel, selon La 1re.
Dans une vidéo publiée en 2019, Saraïti Assimakou dénonçait l’inceste de son père, qu’elle nomme son géniteur. Peu après sa prise de parole, la Mahoraise a fondé l’association Ose libérer ta parole, qui lutte contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants dans le département.
Elle reçoit aujourd’hui des menaces de mort quotidiennes, selon la chaîne de télévision régionale. « Certains hommes se sentent suffisamment forts pour m’insulter en privé, pour m’intimider, voire m’envoyer les photos de leurs parties intimes », a complété Saraïti Assimakou auprès du média Kweli mardi 25 août.
La situation est telle que la militante a décidé de porter plainte. « Le 13 août 2026, j’ai ouvert un message d’une personne qui m’a insulté et, ce jour-là, j’ai décidé qu’il en était assez. J’ai partagé ce message et cette personne a décidé de me menacer, en me disant que je devais faire attention à mes arrières », a-t-elle raconté.
Des menaces venant aussi de l’entourage proche
La violence qui touche Saraïti Assimakou n’est pas seulement celle d’inconnus. Après le partage de cette menace reçue mi-août, « un membre de ma famille a jugé bon d’insulter, de décrédibiliser ma parole et de restructurer mon histoire », a poursuivi la militante.
« Il est important, aujourd’hui, de rappeler que ce que vous voyez passer sur les réseaux sociaux, ce n’est pas une guerre intrafamiliale, c’est surtout un moyen de vous montrer ce que l’on réserve aux personnes victimes lorsqu’elles parlent », a-t-elle souligné. Et d’appuyer : « C’est un sujet de société ».
Dans son rapport sur les violences sexuelles faites aux enfants, la Ciivise avait signalé que le « silence » et la « violence » étaient des réactions courantes aux prises de parole des victimes. Pour Saraïti Assimakou, ces messages servent aussi à étouffer l’affaire. « On intimide la personne victime. On lui dit : 'Si tu parles, on va te dégager’ », a-t-elle témoigné.
« Tout le monde sait le sort qu’on propose aux personnes victimes lorsqu’elles parlent. Combien d’entre nous sommes toisés ? Combien d’entre nous sommes pointés du doigt ? Combien d’entre nous sommes rejetés en marge de la société ? », a encore mis en avant Saraïti Assimakou auprès du média Kweli.
La Mahoraise est soutenue dans sa démarche par plusieurs militants contre les violences sexuelles, dont Arnaud Gallais, cofondateur de Mouv’Enfants.


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