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C’est un premier pas, avant une généralisation espérée à l’horizon 2030. Depuis ce lundi, un programme pilote permet à des Français volontaires de réaliser un dépistage du cancer du poumon. La première étape consiste à recruter 20 000 fumeurs et ex-fumeurs, sur une période de 18 mois.
Conditions d’éligibilité, modalités d’inscription et déroulement du dépistage… On vous dit tout sur ce programme de recherche, financé par l’Institut national du cancer (Inca) et porté par l’AP-HP ainsi que les Hospices Civils de Lyon.
Pour quoi faire ?
Quelque 30 900 personnes meurent chaque année d’un cancer du poumon en France. Il s’agit du deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes et du troisième chez les femmes. Dans plus de 80 % des cas, le tabac est responsable. Près de trois fois sur quatre, il est détecté à un stade avancé.
Pour améliorer les chances de guérison, les autorités sanitaires envisagent donc un dépistage organisé du cancer du poumon en France afin de repérer la maladie tôt, avant l’apparition de symptômes. Selon une étude publiée dans The Lancet, cette mesure permettrait d’éviter quelque 13 000 décès en cinq ans. Mais avant cela, la HAS (Haute autorité de santé) souhaite que le dépistage soit optimisé. En clair : il faut le calibrer pour avoir « la meilleure adhésion » et qu’il soit « le plus efficace possible », résume le Pr Claude Linassier. « Le bénéfice existe. Par contre, la meilleure organisation on ne la connaît pas encore », ajoute l’oncologue, directeur du pôle prévention, organisation et parcours de soins à l’Inca.
C’est tout l’enjeu du programme “Impulsion”, qui vient de rentrer dans sa première phase et doit durer plusieurs années. « Le programme doit inclure 20 000 personnes pour être analysé, mais certains résultats seront disponibles plus rapidement », précise le Pr Claude Linassier.
Qui est concerné ?
Ce programme s’adresse aux fumeurs et ex-fumeurs ayant arrêté depuis moins de 15 ans. Seules les personnes âgées de 50 à 74 ans sont concernées. Ce sont elles qui sont le plus à risque de développer un cancer du poumon. Pour être éligible à cette phase pilote, il faut avoir une consommation cumulée d’au moins 20 paquets année. Soit l’équivalent de plus de 15 cigarettes par jour pendant plus de 25 ans ou de plus de 10 cigarettes par jour pendant plus de 30 ans. Ou « encore d’un paquet pendant 20 ans, et de deux pendant 10 ans », complète Claude Linassier.
Le dépistage sera d’abord déployé dans cinq régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire). Les autres rejoindront le dispositif « progressivement, en fonction de leur niveau de préparation ». Dans le Grand Est, cela devrait avoir lieu courant 2027.
En quoi ça consiste ?
Dans un premier temps, les volontaires devront consulter un médecin investigateur. C’est lui qui confirmera s’ils peuvent bien intégrer le programme. Les personnes suivies pourront ensuite prendre deux rendez-vous : le premier pour passer un scanner, le second – optionnel mais conseillé – pour une consultation d’aide à l’arrêt du tabac. Le sevrage « augmente l’efficacité du dépistage », fait valoir l’Inca.
Concrètement, les participants devront se rendre dans un centre de radiologie agréé. « Ils devraient avoir un créneau dans les 15 jours-3 semaines », indique le Pr Linassier. Ils passeront alors un scanner thoracique à faible dose, qui délivre moins de rayons X qu’un scanner classique. L’examen, qui dure une dizaine de minutes, est pris en charge par l’Assurance maladie, sans avance de frais. « Il n’y a aucun reste à charge », insiste l’oncologue.
Les images du scanner seront interprétées par deux radiologues et un système d’intelligence artificielle. Les résultats arriveront deux semaines après. Selon l’Inca, dans près de 9 cas sur 10, aucune anomalie suspecte ne sera détectée. Les volontaires devront alors réaliser un nouveau scanner un an plus tard, puis tous les deux ans. Dans l’hypothèse où le scanner révèle une anomalie, un autre examen devra être mené dans un laps de temps rapproché. Les anomalies ne sont d’ailleurs pas toujours évocatrices d’un cancer. Et même quand c’est le cas (2 fois sur 100), il existe des faux positifs.
Comment s’inscrire ?
Les professionnels de santé (médecin généraliste, infirmière, etc.) peuvent proposer à leurs patients de participer au programme “Impulsion” et les rediriger vers des médecins investigateurs. Ils sont « 200 à ce jour », selon Claude Linassier.
Toutes les personnes intéressées par le programme peuvent aussi se manifester spontanément, en appelant le 34 33 ou en se rendant sur le site www.depistage-cancer-poumon.fr. Ils y trouveront un simulateur leur permettant de tester leur éligibilité et une carte des centres partenaires.


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